Merveilleuse
TOSCANE du Rinascimento
«
Heureux qui comme… »
Les mots du poète annoncent déjà le voyage
qui avait pris forme superbe avec Toscane,
région si bien nommée, celle qui impose à
la route ses nombreux détours fantaisistes, et fuit peu
à peu, bientôt, concède au plaisir des yeux
la découverte grandiose d'un paysage de monts marqué
par une succession de tunnels français puis italiens.
Ces passages obligés rappellent aussitôt toutes les
préoccupations de l’homme d'autrefois confrontées
aux difficultés rencontrées face à l’obstacle
montagneux, afin d’établir une voie de communication
entre les deux pays frontaliers. Assez vite, nous entrons en Italie
et longeons les Alpes Apuanes qui surplombent le fameux site de
Carrare. Evocation immédiate d'une vraie richesse naturelle:
là, nous sommes au pays du marbre le plus recherché…
Déjà, une conviction s'affirme: seule une merveilleuse
escapade vers cette superbe région tant vallonnée
peut vraiment aider à remonter le cours de l'histoire et
de cette Etrurie au passé prestigieux. D'autre part, nous
avons véritablement éprouvé un grand bonheur,
que nous devons d’ailleurs à une invitation très
exceptionnelle propre à favoriser familialement cette découverte
enchanteresse de la Toscane si universellement légendaire.
1 406 date importante car Florence imposa soudain sa suprématie
dans la région. Plus tard, sous Cosme 1er, au cours de
la seconde moitié du XVI ème siècle, dans
ce grand duché, se développa un enthousiasme très
novateur pour les arts et les lettres, un vrai renouveau que l'on
connaît mieux sous le nom de Renaissance plutôt que
le vocable, il est vrai plus authentique de Rinascimento.
On
peut l’affirmer à nouveau : pour découvrir
tant de vestiges du passé, rien ne saurait remplacer le
séjour toscan où déjà, la nature si
belle impose son style, en créant artistiquement des paysages
agrestes d’une rare beauté, qui accrochent vite l’œil
du photographe et incitent le peintre à y installer son
chevalet.
Peut-être n’est-il donc pas exagéré
de déclarer que
« cette terre de saveurs et de couleurs est la plus
belle du monde ».
En effet, pour l’étranger, il suffit de prononcer
des mots magiques tels que Florence, Pise, Sienne ou San Giminiano
etc. pour qu’aussitôt s’impose à l’esprit
celui si fédérateur de Toscane, l’incontournable
aux dix provinces. Il est devenu synonyme de berceau des arts
et des lettres en une époque féconde qui amorça
le grand rayonnement vers l’Europe.
Alors, de grands changements ont soudain légué au
monde un immense patrimoine culturel par des œuvres et des
monuments qui provoquent à la fois l’émerveillement
et l’enchantement. Qu’il s’agisse de renouveau
artistique mais aussi scientifique ou littéraire, chacun
d’entre eux a été suscité par ce courant
italien si novateur.
Oubliant le temps cruel des invasions et conquêtes romaines,
enthousiaste, l’Italie s’affirme ici, éternellement
généreuse et créatrice par la qualité
de ses œuvres. Elle apparaît comme un creuset des arts
et son rayonnement artistique autant que culturel a donné
indiscutablement le ton et le goût de l’esthétique
aux autres peuples. Nul ne le contesterait.

Notre
premier rendez-vous avec l’histoire a lieu à PISE
où, certes, on ne nous attend pas pour redresser
le Campanile, cette capricieuse Tour de toutes les audaces ou
du prodige !
Point étonnamment, il est alors courant de rencontrer ici
des gens très penchés soit qu’ils inclinent
la tête comme pour redresser la Tour souffrant d’un
étrange penchant, soit que, bien que postés loin
et à l’écart du célèbre monument,
en réalité, ils posent pour « entrer »
originalement dans l’objectif de l’appareil photo
ou du camescope familial afin d’assurer le cliché-illusion
et d'humour qui fera d’eux un de ces héros méconnus
contribuant pourtant... au bon maintien de la Tour afin qu’elle
reste debout tandis que le photographe, avec fantaisie ou humour,
en rajoute ! CLIC photos





Plus
sérieusement, il est vrai que par ses caprices défiant
la verticale du fil à plomb, le bel édifice a inquiété
le monde entier: comment empêcher cette merveille, où
Galilée fit des expériences, de sombrer dans la
désolation d'un chaos destructeur ?
D’importants et astucieux travaux de creusement puis de
renforcement ont, pour un temps, assuré la sauvegarde du
chef-d’oeuvre et la sécurité des humains.
Certes, les puristes regretteraient parfois la présence
presque insolite ici, voire insolente en ces lieux uniques, d’un
modernisme qui, inévitablement, par une réelle nécessité
de progrès, s’est juxtaposé insidieusement
à cet ensemble d’un passé si lointain, à
caractère médiéval mais fort riche et demeuré
intact autant qu’émouvant.
Alliée de Rome au temps de la seconde guerre punique, Pise
prit le statut de "Ville Romaine" et connut vite la
prospérité. L'art s'exprime partout dans les rues
et ses monuments ne se limitent pas à cette étrange
originalité, ce "penchant" qui nécessairement
attire tant de monde.
"Estampillés"
Renaissance, de nombreux musées, de belles églises
ou même les portes de la ville ajoutent au patrimoine architectural
de la cité. Ainsi, le Dôme ou "Duomo" est
une superbe cathédrale dont la façade s'orne de
magnifiques galeries d'arcades très ciselées qui
confèrent beaucoup d'élégance à cette
importante masse architecturale.
Cet art du ciseau s'affirme de façon inégalée
par la réalisation de la chaire du prêcheur ...tout
en dentelle. De même pour le Battistero soit, le baptistère
(toujours construit à l'écart de l'église
où les non-baptisés ne pouvaient pénétrer),
dont la construction s'échelonna sur plus de deux siècles,
et où les styles successifs roman et gothique savent pourtant
s'harmoniser.

Notre
voyage se poursuit agréablement et nous entrons bientôt
dans la plaine de l'Arno cernée de collines.
C'est frappant, très typiquement, le site apparaît
fort vallonné et, dans ce cadre superbe s'est blottie une
cité merveilleuse, dont on nous a si souvent parlé.
A relire l'histoire de l'Italie, c'est la ville de tous les mérites:
de grands noms y ont exercé leurs talents dans les univers
de la littérature, des arts et des sciences et leurs oeuvres,
de vrais trésors pour l'humanité, y sont des empreintes
impérissables.
Elle porte un bien joli nom vite devenu prénom de femme:
Florence ou, ici, Firenze. Vraiment,
une ville d'exception dont on dit souvent, avec raison et sans
excès, qu'elle est un "vivier de génies"
et la "patrie de la langue italienne" ou la "capitale
mondiale de l'art ".
Florence des mécènes.
Nous voilà en balade aux sources de l'humanisme et remontant
le temps.

Cette
scène figure Moïse recevant de Dieu les tables de
la Loi sur le mont Sinaï
Déjà,
à lui seul et parmi ses 9 autres semblables, ce riche et
vivant tableau en bronze doré de la "Porta del Paradiso"
(ainsi surnommée par Michel-Ange)
du Baptistero di San Giovanni évoque
la puissance autant que la finesse de l'art en cette évocation
biblique de Moïse recevant de Dieu les Tables de la Loi
sur le Mont Sinaï. Un authentique travail d'orfèvre
...précisément ! ...car ce fut le premier métier
du grand maître Ghiberti avant qu'il devînt
sculpteur.



A
présent, laissons parler les images !
Clic !







Des
merveilles architecturales occupent une belle place de Florence,
la Piazza del Duomo: le Battistero, le Campanile, le Duomo soit
la Cathédrale Ste Marie des Fleurs.





Place
de la Seigneurie avec le Palazzo Vecchio, les statues superbes
et la Galerie des Offices( Uffizi ) et cette dernière,
qui abritait les bureaux de la Seigneurie, est devenue un extraordinaire
musée sans cesse enrichi d'oeuvres.
Plus de CLIC !!!





Dans
la soirée, une autre " Florence" invite à
une longue flânerie sur les rives de l'Arno.
On se souvient alors qu'une importante crue de ce long
fleuve s'était produite en novembre 1966 qui avait inondé
la cité des Médicis.
D'autres
dégâts dans l'Eglise Santa Croce avec les tombes d'hommes
illustres recouvertes par 4 m d'eau( Galilée, Michel-Ange,
Rossini etc.) ou encore, la Galerie des Offices au 3ème étage
inondé.
Une vraie catastrophe par la perte
de collections d'art de toutes sortes et de manuscrits.



Le
lendemain, oubliant
momentanément monuments et musées, une agréable
promenade loin du monde et du bruit, nous conduit à Castellina
in Chianti.
Ah ! Le Chianti !..
Avant de désigner un vin sublime, "Chianti"
nomme une fort belle région agreste aux vallons verdoyants
ou roux,
soit un paysage bien reposant. 
Terre
magique, qui participe à la beauté de cette région,
et où se mêlent grès, calcaires et schistes
argileux pour produire des vins prestigieux à partir des
quatre cépages essentiels de sangiovese, canaiolo nero,
malvasia del Chianti et trebbiano toscano.
Etendant ses vignobles bien alignés à perte de vue
à flancs de collines, le CHIANTI
"fait sa route" !...mais après les délices
des dégustations si motivantes, mieux vaudrait ne pas prendre
celle-ci !
Là encore, pour ce mot Chianti...traduire...Toscane
.

On
parle aussi de Chianti classico(Florence et Sienne), de Brunello
de Montalcino, de Vernaccia de San Gimignano, de Vino Nobile,
de Montepulciano etc. des crus raffinés à découvrir
au fil des "strade del vino", sans oublier le "santo"
de dessert pour mieux apprécier les bicuits secs "di
Prato",
les "cantuccis" ou croquants.
Le
jour suivant nous mène ailleurs .
Sienne, la ville ocre qui, en sa devise
: " t'ouvre plus grand son coeur ". Charmant
accueil de cette ville superbe et célèbre par sa
Piazza del Campo, située au centre de la" citta
". Là, se déroule une manifestation unique
au monde: la fête du " Palio delle Contrade
"( 2 juillet et 16 août ).
Cette dangereuse course de chevaux, sur l'anneau au sol aménagé
pour la circonstance, met en compétition 10 " contrade
" : on peut traduire quartier, ou famille, ou
mieux paroisse car chacune a son église, son
saint protecteur, ses costumes et ses couleurs, enfin son animal
fétiche !... Elles sont tirées au sort parmi les
17. Tous les coups sont permis pour remporter le Palio, le bel
étendard de soie peint par un artiste en renom mais surtout
la bannière de la victoire du
meilleur " fantini"( jockey).





puis,
cap sur San Gimignano.
Ici, on entre soudainement au coeur du Moyen-Âge tant cette
commune offre une réelle originalité historique
par ses étranges maisons qui s'affublent de véritables
tours-donjons. Ce sont les " case torre " dont
on rapporte qu'autrefois, plus elles étaient hautes, et
plus les riches propriétaires de ces lieux en étaient
estimés. En outre, ces extraordinaires murailles hautes
s'ornaient souvent de longues pièces de tissu teintées
au safran afin de mieux en fixer la couleur. Sûrement un
joli décor pour "illuminer" ces façades
de pierre ! ...et une manière d'afficher la vocation de
ce centre textile.
Alors, par cette halte, on se sent vraiment ailleurs et plongé
dans un passé tellement révolu.

On
ne saurait partir de cette belle région d'Italie, sans
évoquer aussi quelques produits locaux et spécialités
gastronomiques vraiment typiques: d'autres "monuments"
!... Déjà, le Chianti a émerveillé
le palais mais, à son tour, la charcuterie, qui s'en accommode
bien, est excellente: jambon cru du Casentino, la "finocchiona"
et surtout, saucisses, saucissons et jambons de sanglier....délicieux
!
Un fromage d'exception, le " pecorino " (de brebis),
avec ou sans poivre s'avère fort goûteux. L'huile
d'olive de Toscane à consommer jeune, qui est de grande
qualité, devient essentielle dans certaines recettes. Ici,
on aime beaucoup les haricots( "fagioli " grandes variétés)
que l'on cuisine à petit feu, et "à toutes
les sauces" !
Avec une viande de première qualité, on fait la
" bistecca alla fiorentina " soit une côte de
de boeuf d'au moins 3 cm d'épaisseur que l'on grille avec
soin.
Un autre régal !
"
On quitte ordinairement la Toscane au moment où l'on allait
s'y trouver à peu près bien. Il en résulte
que, chaque fois qu'on y revient, on s'y trouve mieux..."
En
ses "Impressions de voyage", Alexandre Dumas nous souffle
ce que l'on a aussi ressenti mais, de façon moins nuancée,
car nous,
nous nous sommes trouvés très bien, très
vite en cet ailleurs toscan si beau !