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mon univers ... de Pêcheur ... |
| La Sierra Leone: ... et ses grands poissons ! | |||||||||||||||||||||
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...."
Ainsi, tu t'envoles encore ??? Où pars-tu ?... En Afrique:
ah ! Peu
de temps après, j'en avais un dans les bras, vraiment comme
un énorme hareng !!!! ...de 45 Kg seulement( oui, mais
c'est déjà lourd à porter ! ) et je sais
que ce n'était qu'un "bébé" tarpon
puisqu'il s'en prend des plus de 100 Kg comme celui qui se décrocha
de mon Rapala magnum, le matin de ce même jour! Croyez-moi:
ça tire! Ce fabuleux tarpon s'affirme vraiment acrobate. Il
est capable de sauter si aisément en chandelle et à grande vitesse,
à près de 2 mètres au-dessus de l'eau. Le néophyte en restera
pantois et un peu désemparé si on ne l'a pas prévenu
de telles éventuelles facéties tel que je l'ai mesuré
en me mettant si heureusement sur sa voie. « Poisson-cuirasse », reste donc d'allure très massive mais tout de même assez élancée par son profil, dénotant ainsi une réelle impression de puissance. Ce long fuseau d'argent, aux flancs à peine comprimés, se prolonge par un important pédoncule à la vigueur redoutable; fourchue et très symétrique, la nageoire caudale autorise des sauts prodigieux hors de l'onde. C'est sa puissante hélice pour aider au saut en chandelle. Très abrupt, le profil exagère cette première apparence de brutalité qui, à ce niveau, manque totalement de beauté: exagérément prognathe et oblique, la mâchoire inférieure de ce happeur dessine une gueule puissante qui affiche en permanence, une moue très boudeuse. Trompeusement, l'animal apparaît plutôt lourdaud. Je le redis, à s'y méprendre, les pièces operculaires si bien polies semblent de métal. Parfaitement "usinées" pour un meilleur hydrodynamisme, elles s'insèrent dans des évidements à partir desquels elles s'articulent. A la frange des mandibules se diversifiant en lèvres, de minuscules dents constituent un genre de râpe propre à mieux retenir les proies les plus vives avant de les soumettre au laminage de la grosse langue contre les puissantes plaques palatales. De ce fait, un Rapala neuf, qui a été saisi, du bout des lèvres, puis promptement rejeté, porte généralement, en guise de "dédicace", des marques indélébiles de cette courte mais vigoureuse préhension buccale d'un tarpon qui est parvenu à s'en décrocher aisément. Fortement pavée de plaques osseuse, la gueule aux mâchoires d'acier est une vraie machine à broyer qui fonctionne à la manière de meules venant à bout des carapaces des gros crabes d'Afrique et de langoustes que ce pêcheur des fonds attrape. Utilement, le pêcheur retiendra que l'hameçon a donc bien du mal à s'y planter durablement; alors, on n'insistera jamais trop sur la nécessité d'affûter finement et fréquemment les pointes des 6 hameçons pour que l'un d'entre eux parvienne à trouver le défaut d'un tel blindage, d'une telle cuirasse: commissure des "lèvres", axe central de la bouche ou joues. Capable de nager dans une faible couche d'eau, il surprend aussi par sa capacité fantastique pour parvenir, tout de même, à surmonter ce handicap pour se propulser énergiquement hors de l'eau. Pourtant, le tarpon atlantique ne manque pas d'élégance: quand le long fuseau inox crève la surface de l'eau, ce saut spectaculaire vers le ciel révèle un dos bleuâtre, vert olive ou même noirâtre, discrètement valorisé par des liserés de tonalité violine qui lui font une livrée royale. L'élégance apparaît dans un saut prodigieux dont les photographes manquent parfois d'en capturer l'apogée, bien au-dessus de l'eau...comme le pêcheur l'aurait souhaité !... L'éclatante coloration de la livrée royale s'assombrit avec l'âge. Tendue par des rayons mous, la nageoire dorsale est unique: suprême touche artistique de la nature si imaginative: long, souple et ondulant, le dernier rayon affine l'esthétique de ce lobe assez vertical. Pour améliorer ses performances, ce champion du haut vol a son corps abondamment enduit d'un épais mucus lequel doit contribuer aussi à un parfait hydrodynamisme, une intéressante fluidité pour un prédateur. C'est incontestablement un puissant nageur, capable des pires acrobaties et toutes ces aptitudes le rangent en tête des espèces de la grande pêche sportive. Hôte des eaux chaudes (21 à 31 °), tropicales et subtropicales, et préférablement, des eaux mêlées, à forte turbidité, ce grand nageur pélagique en eaux troubles sait oublier la côte et s'avère soudain capable de migrer saisonnièrement vers les eaux douces; il affirme ainsi un naturel comportement de poisson anadrome. C'est l'époque des grandes crues qui favorise ses remontées de fleuve sur des centaines de kilomètres comme cela a pu être observé ailleurs. Il
affectionne les eaux estuariennes et se semi-sédentarise dans les
secteurs côtiers des embouchures où le brassage des eaux douces et
salées est permanent. Très
beau à voir,les "Rois d'argent" de Sierra Leone
Au
contraire des autres poissons, tels les thons, cet as de la voltige
a l'exceptionnelle faculté de reconstituer ses forces, plus dynamiquement,
en puisant l'air de l'atmosphère, à la faveur de ses sauts de haute
voltige, ou de ses gobages. En
particulier, la nuit il est très actif. C'est un flot vivant qui entre
avec la marée, à la recherche de poissons, de crabes et mollusques;
l'interception d'un banc de bongas ou de yaboïs crée l'évènement et
fait aussitôt exploser la mer. Alors, comme liquide, l'argent jaillit
dans l'air puis, coule à nouveau dans l'onde. La connaissance des
moeurs de ces poissons incite donc à les pêcher dans des eaux de bonne
turbidité. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut pêcher à vue(rolling
fish), après avoir repéré les dorsales qui "roulent" en fendant les
flots. Parfois, point de sauts pour trahir cette présence que l'on
suspecte pourtant. Seules, de soudaines stridulations aiguës du moulinet
révèleront enfin qu'un seigneur musardait dans le courant d'une onde...impure!
Plusieurs techniques sont envisageables pour susciter des attaques
du Roi d'Argent. La méthode la plus courante et la plus simple à la
fois est la pêche à la traîne qui met en oeuvre un leurre ou même
un appât. Parmi
les leurres, les gros poissons-nageurs aux couleurs vives conviennent
parfaitement: le Rapala Magnum 22-26 Cm reste le préféré. C'est au
crépuscule, sur un CG, que je pris mon premier tarpon, après un manqué
du matin qui avait seulement dédicacé mon beau leurre neuf, à sa manière,
en râpant sa robe neuve ! Après cette mise en bouche brutale
de ce farceur, je dus régler finement la bavette déviée
et déséquilibrée Pour
éviter les échecs avec ce « blindé », il s'avère intéressant de bricoler
le Rapala, en réalisant l'astucieux montage à la Lanford qui consiste
à désarmer le leurre de ses triples au profit d'un gros hameçon long-liner
monté en amont de la bavette. Il sera happé en premier, donc
piquera dans la gorge au-delà des plaques osseuses.
Avec
un bouchon...de champagne placé en tête de ligne, on réalise un étonnant
popper hybride, très teaser par la mousse qu'il génère!
Au mouillage, la pêche à soutenir donne de bons résultats si on se
place convenablement, à savoir dans le courant fluide qui favorise
le passage des tarpons. Il n'est pas inutile d'amorcer par la dispersion
de filets de yaboï, ces sardinelles africaines, dont la trace sapide
excite les sens du poisson. Cette palangrotte, formule lourde, réserve
de belles émotions. Et imaginez donc les prouesses des pêcheurs Sierra-Léonais
sur leurs frêles esquifs!.. " Pêcheur ! Faut pas tirer la langue aux p'tits jaloux taquins !..." Le
tarpon reste un poisson assez mystérieux dont on ne maîtrise pas tous
les comportements. Sa vie dont sa répartition géographique
reste une énigme biologique. S'agissant de l'Afrique, on le
sait présent à partir du Sénégal où il est plus connu sous l'appellation
de WALIDOR ou DIMTATOLI. On le retrouve en meilleure densité dans
d'autres eaux tropicales et subtropicales, en particulier dans les
zones estuariennes sans qu'on puisse expliquer vraiment les motivations
réelles de ce choix surprenant qui pourraient être liées au régime
alimentaire ou aux conditions de frai. Il s'y sédentarise plus volontiers
car c'est vraiment son biotope idéal: les fortes variations de salinité
de l'eau ne le dérangent pas; il les tolère à l'extrême puisqu'il
arrive même à s'adapter en eau douce(lacs et lagunes d'Amérique du
Sud) affirmant ainsi son extraordinaire euryhalinité. Plus
aériens, les souvenirs refont le voyage et, au fur et à mesure
que l'avion survole cette magnifique portion de côte africaine, la
Sierra Leone, le voyageur continue d'être émerveillé car il
découvre, à présent, la magie de l'eau et de la lumière.
Dessinant les plus folles arabesques éblouissantes de lumière, rivières
et fleuves serpentent, s'entrecroisent et se mêlent suivant une exubérante
fantaisie. A partir des Peninsula Mountains, les sites à tarpons les mieux connus ne manquent pas: Whale Bay, Cape Shilling, Banana Islands, et, après Mamah Beach, les embouchures des petits fleuves qui se jettent dans Yawri Bay: Kandiga, Kamaranka, Kukuli. Plus larges, Kagboro Creek et Thauka Creek précèdent le site si fameux de Sherbro River, Sherbro Island et de ses détroits avec Cape St Ann dont le prolongement naturel est l'archipel des Turtle Islands. La richesse de ces secteurs est surtout liée à la qualité des eaux: les noces de l'eau douce et de l'eau salée engendrent une qualité de vie exceptionnelle et idéale pour la ressource. D'autre part, les types de rivages à relief, plages ou à mangroves contribuent à conforter ces excellentes conditions d'épanouissement de la faune marine dont les poissons. Par ailleurs, il n'est pas rare de rencontrer, à l'écart de la côte, des secs ou des récifs à peine émergeants qui constituent, en pleine mer, de remarquables habitats fortement colonisés par toutes sortes de prédateurs carnassiers. Tous les fonds sont riches y compris les immenses étendues sablo-vaseuses et pour s'en convaincre, il suffit de regarder autour de soi: on rencontre partout d'héroïques piroguiers-pêcheurs qui, au long des jours et des nuits, taquinent des poissons, lesquels ne sont pas ...des goujons!
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