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SEGA ! SEGA !....

on danse sur la plage de CORALIA !

 

En face de la "Cocoteraie" si bien fleurie où nous résidons, se trouve le superbe hôtel-club "Mont-Choisy Coralia" en bordure d'une plage de rêve blottie dans l'anse du même nom. Certains soirs, on y fait la grande fête, une exceptionnelle Soirée Sega. Les non-résidents peuvent venir dîner de façon somptueuse et assister à ces superbes chorégraphies.
A la nuit tombée, le spectacle, qui commence sur la plage, vide soudain la grande salle, le hall et même le bar de ses occupants qui prennent aussitôt place à l'extérieur, en surplomb pour ne rien manquer. Tandis qu'un vrai bûcher monté en faisceau crée "l'évènement" sur la plage, à savoir un feu de camp, de très belles danseuses sorties de l'ombre et vêtues d'élégantes robes blanches mais simples, progressent vers cette intense source de lumière et, au rythme de cette musique très exotique, se déhanchent en mesure, avec souplesse, esquissant aisément les pas sur le sable, tandis que dans le crépitement du bois, les langues de feu et d'or s'élançant vers le ciel, en spirales ardentes, semblent elles-mêmes entrer... dans la danse de ce SEGA !


Aussitôt, le curieux s'interroge: mais d'où viennent cette musique et cette élégante chorégraphie ? Probablement d'Afrique où elle n'aurait pu prendre racine car on considère que c'est une danse vraiment née de l'exil déchirant, celle des esclaves venus d'horizons si différents et qui, ne parlant donc pas le même dialecte, auraient trouver là un moyen universel de communication par ces arts innés.
A son tour, une langue est née: le créole. Dès lors, danse, musique et chant ont marié leurs harmonies. Vraiment, tout cela a un sens et c'
est une évocation historique du passé qui est ici proposée.
Installés en retrait du feu, les musiciens modulent le rythme de leur chant qui devient parfois une vraie mélopée exprimant autant nostalgie que révolte. Désormais, le gracieux sega appartient au folklore de La Réunion, de Maurice, de Rodrigues, des Seychelles etc.
La première partie s'étant achevée, on nous convia à regagner nos tables après ce que l'on pourrait bien appeler déjà une agréable "mise en bouche" ! Un repas très gastronomique qui mérita d'autres applaudissements.

Puis vint la seconde séquence. Oubliée la piste de danse sur la plage !

Avec ses décors très suggestifs, la scène du restaurant fut soudain occupée par une tornade de beauté et d'élégance. Les danseuses lascives ne simulent plus les malheureux esclaves d'antan: à présent, elles portent de fort jolies robes aux couleurs vives et aux motifs très exotiques où les fleurs dominent qui remplacent les robes de coton blanc.
Ces jeunes femmes sont fort belles et plus gracieuses encore en évoluant sur un rythme devenant plus rapide et joyeux, celui des temps plus heureux. Les musiciens "s'éclatent" aussi et, par leurs exclamations ponctuelles au milieu du chant
, ils excitent et provoquent l'enthousiasme des belles dames qui ne ménagent pas leurs efforts.

D'originaux instruments accentuent le caractère typé de cette agréable musique: les percussions trépidantes des tambours, ces "ravanes" à peau de chèvre ou les roulements des cailloux des curieuses "maravanes" faites de tiges de cannes assemblées.
Le triangle, qui oublie la géométrie, apporte ses sonorités métalliques ou cristallines et souvent aussi, la modernité fait entrer dans le groupe accordéon ou ségakordéon, guitare électrique, synthétiseur, basse et cuivres tandis que, détrôné,
le rustique "bobre" sombre dans l'oubli. "Pôvre brobre !"

A la fin de chaque danse, ces jolies Mauriciennes prennent toujours de très belles attitudes et alors, par ce goût du tableau, la chorégraphie le cède à un autre art plus figé mais pictural auquel nul n'est insensible.

Bravo !...les P'tites Souris du Ballet Mauricien !...

 

 



 

 

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