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des souvenirs d'un pêcheur globe-trotter.... |
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Guadeloupe,
la superbe Karukera
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EDEN pour la Pêche au Gros La traîne rapide permet la capture d'un superbe poisson mythique au rostre puissant et effilé, le grand marlin bleu lequel, à son tour, joue avec d'énormes leurres souples à têtes si aguichantes qu'on les nomme aussi "sorcières" puisqu'elles lui jouent des tours... pendables quand il....s'y accroche ! Pour réussir, le pêcheur vérifie souvent son montage et sa ligne en détail sans oublier le frein. A l'ombre des épaves flottantes ou des sargasses .... ....se
tapissent souvent des groupes de l'espèce dite grande Coryphène
commune soit Coryphaena hippurus pour les scientifiques. Ces
carnassiers à nageoire dorsale démesurée, très
haute, s'avèrent d'excellents nageurs de la pleine eau. Ils
traquent et pourchassent les surprenants exocets aptes à voler
au ras des flots sur plus de 100 mètres mais aussi les balaous
surfers( ballyhoo aux Bahamas et en Floride, Mahi Mahi aux Antilles)
queue jaune ou bleue, cousins des orphies à long bec rigide.
Ces derniers se nourrissant eux-mêmes dans les premières
couches des eaux superficielles. Drôle
cette dorade (écrivons-nous ici plutôt que daurade
réservée à la Royale aurata! ) la Dolphinfish
des Anglo-Saxons !!! Souvenons-nous, la coryphène a été le poisson
accompagnateur d'un célèbre naufragé volontaire lequel a vanté toutes
les vertus de cette « dorade », comme on la nomme donc aux Antilles.
L'hydrodynamisme est amélioré par certains perfectionnements comme les cavités des nageoires anale et pelviennes où elles s'effacent discrètement dans un évidement abdominal au cours de la nage. Le ventre est blanc nacré très irisé. Chez le mâle, l'aspect massif et brutal se trouve nettement accentué par une forte gibbosité frontale, les yeux implantés très bas et la bouche très fendue latéralement. Celle-ci porte de petites dents en carde disposées sur la langue. Ainsi dessiné, ce grand poisson apparaît comme un nageur infatigable et rapide, bien profilé pour la chasse-poursuite. Les plus grands spécimens peuvent atteindre 50 Kg pour 2 mètres; généralement, ce sont des mâles. Très erratique, la coryphène est capable par ailleurs, de longues migrations. Poissons de moins d'un an(2 à 3 kg), les juvéniles « Clic clic » semblent se rapprocher beaucoup plus du littoral côtier où l'on trouve déjà en bonne densité des sujets immatures.
En mourant ,ces coryphènes( 2 femelles et le mâle) ont perdu la belle parure et pris le linceul grisâtre. En bas de la photo, un balaou émerge. Aussi grégaires que carnassiers, les coryphaenidés sont des poissons pélagiques de surface; leurs cibles principales sont les clupéidés, (anchois, sardines etc.). Là sont les avatars du poisson-fourrage d'être ainsi pistés partout par Mahi Mahi. En effet, en Guadeloupe, ces chasseurs très véloces se déplacent aussi en haute mer à la recherche des bancs d'exocets, les poissons volants. Plus près des côtes, ils traquent les balaous « demi-bec » assez semblables aux orphies....à un bec près!
Exocet! Pour certains, ce mot évoque aussitôt un engin de guerre de
conception française et....vraiment efficace, si on se réfère à une
bataille navale dite des Malouines!.. Alors, ce n'est pas, comme on dit aux Antilles, un « lit » de coryphènes, qui entre en jeu mais une horde bien organisée où, en permanence, la ruse participe à l'action prédatrice. Stratégiquement, les coryphènes regroupées progressent à grands battements redoublés de caudale. La meute pourchasse le banc d'exocets tout en le cernant davantage. Le cercle se retrécit de plus en plus et, à un moment, les exocets sont contraints de gicler en gerbe au-dessus de la surface. Les
nageoires-ailes se déploient pour exploiter un autre fluide: l'air.
Grâce à ces pectorales-ailes si spécialisées, ils sont
capables de planer sur environ 150 mètres pendant une dizaine de secondes,
avec des records de 42 secondes par quelques rebonds habiles et mesurés
sur l'eau pour godiller plus longtemps sur la nageoire caudale! A
ce propos, il m'est arrivé un jour d'en attraper ainsi, en
slalomant avec mon Zodiac, le pare-brise jouant au final le parfait
"rabatteur" en ce qui fut Dans
cette épreuve, le poisson pousse sa vitesse au maximum, 50 km/h, voire
plus, pour préparer son émersion brutale tout en prenant un peu d'angle
avec la surface qu'il crève bientôt. La solide colonne vertébrale
de l'exocet aboutit précisément au lobe inférieur de cette nageoire
caudale. Originalement, ce lobe très développé rend ainsi la nageoire
hétérocerque. Une vraie godille qui joue alors un rôle essentiel dans
l'envol de ce champion de la fuite. Pour
cela, une chasse de coryphènes, qui se déclare au passage d'un banc
d'exocets, reste déjà un fantastique spectacle car les acteurs montrent
des aptitudes étonnantes. Il ne s'agit pas que de fuites ou de poursuites
effrénées mais aussi, au ras du flot, d'incessantse jaillissements
s'achevant par des vols hors de l'eau très prolongés. Les balaous font l'objet de semblables traques mais sont des proies plus faciles car les bancs restent très accessibles par leur fuite plus limitée sous l'eau. Déjà
originale par son aptitude à jouer le poisson-pilote, la coryphène
montre encore d'étranges comportements qui ont d'ailleurs été observés
depuis la plus haute antiquité où les marins prétendaient qu'elle
annonçait le mauvais temps. En particulier, on a encore observé que
ce poisson se plaît sous des épaves flottantes, surtout les bois,
caissettes ou troncs d'arbres qui produisent un cône d'ombre propice
dont il apprécie le confort protecteur et la complicité. En Guadeloupe, plus efficacement qu'au moyen d'astucieux radeaux à coryphènes ou de « parasols » sous-marins si typiques de certaines régions, on sait concentrer et semi-domestiquer le poisson-fourrage et ses prédateurs par les DCP(Dispositifs de concentration de poissons)immergés entre fond et surface. Les grosses coryphènes s'intéressent aussi spontanément à ces très grosses bouchées sur montages forts, point démesurées pour elles. Là ont lieu de vrais congrès d'écailles! Ces fameux postes d'affût deviennent vite pour le pêcheur de bons coins, des sites privilégiés pour y pratiquer la traîne rapide. En effet, toutes sortes de poissons s'y tiennent aux aguets. Pour cela, on y recherche aussi bien le grand marlin bleu que la coryphène d'or.
De ce fait, les lignes doivent-elles être fortes (double ligne, noeud bimini etc.) pour faire face éventuellement à du gros poisson qu'on espérait certes, sans l'attendre vraiment. Au large de Malendure-Bouillante, dans le secteur des DCP, mon ami Franck monte donc plusieurs lignes de traîne; en général, 5 lignes tangonnées à bâbord, tribord et une centrale. Il emploie à la fois des leurres et des appâts morts; parfois, il pratique aussi l'hybridation pour certains montages sophistiqués. Très nerveuse, cette excitée qu'est la coryphène réagit bien sur des leurres bien dynamiques. Ainsi, elle montre un penchant pour d'excellents jets siffleurs, qualité CG, fort attractifs par leurs ondes. En effet, notre ami a développé un type de leurre très actif associant des ingrédients qui rendent un leurre particulièrement vivant et attractif, à savoir tête siffleuse inox, double jupe octopus à coloris opposés(rouge-noir, bleu-jaune) et longue couenne bifide, ponctuée, genre « Uncle Josh » très ondulante. D'autre part, une agrafe spéciale vraiment adéquate assure aussi bien le parfait aboutage souple que le meilleur positionnement de l'hameçon. Tout cela permet de générer une nage impeccable et vive du leurre.
En
Guadeloupe, on aime bien les coryphènes, surtout aux Saintes, mais
on préfère tellement les marlins. Les lignes employées, qui
sont très résistantes, marquent bien ce choix. En dépit de
ce manque de finesse, les
grosses coryphènes s'intéressent elles aussi spontanément à ces très
grosses bouchées sur montages forts, point démesurées pour elles:
large
bouche et voracité sont en parfaite harmonie avec les gros leurres
à marlin du type Sadu, Konahead etc. les
grosses coryphènes s'intéressent elles aussi spontanément à ces très
grosses bouchées sur montages forts, point démesurées pour elles.
La défense de ce poisson est remarquable. Son corps comprimé et la caudale fourchue lui permettent d'opposer une résistance digne d'un grand poisson de sport. De fréquents sauts hors de l'eau, pour mieux plonger puis sonder profondément, agrémentent le combat avec cette endiablée.
Certes, il est plus aisé de se procurer des balaous que des exocets. En un coup de senne de plage, les petits pêcheurs professionnels de la « Côte- sous-le vent » font le coup du matin et ce sont presque des vifs que mon ami Franck leur achète pour pêcher. Il réalise un montage très caraïbe à partir de surprenants leurres à marlin dont les jupes sont « fendues » car les épaisses touffes de longs filaments alternent avec celles de plus courts. C'est la "sorcière bien-aimée" ...des coryphènes. Vu de profil, ce leurre mixte montre alors un vide qui laissera entrevoir l'appât( le balaou) placé à l'intérieur, sous la jupe. Tout l'art consiste à armer correctement le balaou avec un hameçon 12/0 longue tige, entré au niveau des ouïes et sorti par l'anus. Ce montage demande soin et dextérité: main gauche assurant la progression difficile du poisson, dont la colonne s'assouplit par force, et, main droite guidant celle inverse de l'hameçon nécessitent une parfaite synchronisation de 2 gestes si complémentaires pour aboutir à un montage propre. Une ligature autour du bec à l'aide d'un fil de cuivre fin(un brin prélevé dans du fil électrique) assure la mise dans l'axe de la ligne tandis qu'un morceau du rostre est ensuite brisé. Ce qu'il en reste s'emboîte à fond dans l'évidement du leurre réservé au passage du monofilament, en tirant sur la ligne, tout en aidant le balaou pour cette insertion du rostre dans le canal du leurre. Parfaitement arrimé, l'appât se trouve par ailleurs, bien centré.
Si
on les monte en série, ces leurres-flappeurs nommés "birds"
à cause de leurs ailes, créent un train de leurres
ou "daisy-chain" qui est efficace par son agitation.
C'est exploiter là fort logiquement l'atavisme de ce poisson-chasseur
qui traque préférablement des proies bondissantes(
notion de fuite d'un banc de poissons). Dès que le poisson se manifeste, ces appelants sont ramenés à grande vitesse et il ne subsiste alors que les « jets » siffleurs et sorcières voire des poissons-nageurs Rapala 22 Cm bien armés. C'est surtout aux heures de forte luminosité que la daurade-dauphin chasse activement se livrant à une véritable frénésie dont l'intensité n'a d'égale que celle des souvenirs qu'elle laisse aux pêcheurs et que je viens de revivre intensément par cette évocation nostalgique.
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