....avant le jugement divin, celui des humains.....
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Redoutables psychostasies pour marins indignes ou....... morales d'aujourd'hui et d'autrefois

CECI EST DONC UN SOUVENIR DE VOYAGE MAIS.... LE PLUS MAUVAIS

Aswan, Abou Simbel, Kom Ombo, Edfou, Philae et tant d’autres jolis noms qui évoquent une Egypte différente car plus africaine, celle des Nubiens,
ces hommes plutôt rustres, à la peau noire, au coeur tendre et souvent vêtus de longues galabiyas bleues ou blanches.
Je dirai que c’est aussi l’uniforme de nos mariniers de ce jour, qui pilotent fantaisistement le petit bateau à bord duquel nous avons embarqué très folkloriquement, nous les "Crocos", en sautillant de pierre en pierre,
à l’aplomb de la poupe de notre navire, le « Voyager » ancré à Assouan. Ce dernier en a profité pour nous embaumer de ces épaisses fumées noires qui soulèvent les cœurs les mieux accrochés.
Certes, nous eussions préféré être encensés de senteurs précieuses d'oliban mais, les humains en sont-ils vraiment dignes? Pratiquée très au ras de l’eau, cette navigation au fil du Nil s'avère bien agréable,
faisant défiler de superbes paysages assez variés.
Ainsi, à bord d’une embarcation plutôt traditionnelle,
nous découvrons mieux ce Nil mythique et si n’était ce bruit de moteur qui hoquette, alors nous sentirions-nous navigateurs d’antan car,
sur cette rive, la nature apparaît vraiment originelle,
intacte et sauvage, peut-être, comme au temps de Pharaon.
Dépaysement total et il ne manque que quelques notes douces d’une harpe lascive rehaussées par de légers et subtils tintements de sistres pour évoquer idéalement une nostalgique aventure nubienne du temps béni de Ramsès le Grand.
Le bateau du deuxième groupe, celui des ISIS, progresse de conserve avec le nôtre, celui des CROCODILES,
sur cette onde de la sérénité, certes moins troublée aujourd'hui,
par les sauriens qui me dévoraient.... Ah! les méchants!...
Ce calme fait bientôt place à un bruyant intermède inattendu de chorégraphie impétueuse
et de chants rythmés au tambourin par un sympathique énergumène ayant un sacré talent d’animateur fort joyeux.
Il chante sans micro et les habitants de la rive d’en face doivent l’entendre ! Il parvient à faire lever bon nombre d’entre nous pour les entraîner dans ce ballet circulaire très rythmé et en déhanchements se déroulant de la proue à la poupe. D'ailleurs, en faisant rouler le bateau de bâbord à tribord !
(du coup, nous notons que nous n’avions pas remarqué que des gilets de sauvetage seraient, ou pas, éventuellement disponibles si…..).
Et ainsi, sur des airs très égyptiens ?…
.......Alouette, gentille alouette, hi ! hi !
......Chérie je t’aime, chérie je t’adore....... Dir la Dir la da da
Ce faiseur d'un fugace enchantement se montre infatigable
et remet…la musique après de courtes pauses
où, sans perdre le nord, il aide activement ses compères
à vendre colifichets à perles et bracelets. Quelle ambiance !
Et, du coup, ô sacrilège, un gentil intrus...auquel on sourit
et on en oublie la beauté des lieux et la joie du moment.
En effet, un bien frêle esquif de fortune s'est promptement rapproché de notre bateau de l'espoir.
A bord de ce youyou-caisse peu stable et plutôt.....d'infortune, se tient
un jeune enfant très maigre de huit ou neuf ans,
qui se sert de ses mains agiles comme de pagaies pour progresser sur l’onde.
Nous admirons son courage, sa force et tandis qu’il nous rejoint…… à l’abordage,
nous comprenons que si, à son tour, il chante à tue tête
« Alouette , gentille alouette»
…c’est pour obtenir quelques piécettes qui feront son bonheur.
A l’instant, nous observons le bateau des ISIS qui fonce obliquement vers nous et, au même moment, semblablement, le nôtre participe à sa manœuvre inverse
en virant sur bâbord pour coincer l'importun.
Diabolique machination concertée !!! Affreux stratagème.
De la sorte, le petit enfant risque d’être serré dans cette "pince"
qui ferait exploser ce qui serait bien, alors,
une ridicule coquille de noix.
Au sourire du petit bonhomme auquel je venais de donner un euro succède un grand effroi, ses cris et ses pleurs en une supplique désespérée.
Le marinier retient le petit bateau qu'il malmène comme pour
mieux mener à terme son projet criminel.
Je me mets à l’injurier sans réserve et, enfin... quelques autres voix me font écho car je ne me suis pas fait un ami et il devient menaçant.
Alors, se voyant unanimement désapprouvé, il lâche prise.
Bien que libéré, toujours en pleurs et vraiment choqué,
"P’Tite Alouette" met à profit son autonomie si chèrement retrouvée .
Bateau ISIS s’écarte à son tour.
Je ne maîtrise pas ma colère et je continue crûment l’invective à l’endroit de cet être méprisable,
bien indigne de l’appellation de « marin ».
L’œil mauvais, ce violent,
qui n’a qu’un pois bien... chiche dans son crâne d'adulte mal fini,
et un gros caillou dans le coeur,
détourne son regard rancunier, en gardant un port qui se veut altier mais " pauvre imbécile, tu manques tellement de noblesse,
et sûrement de celle de l’âme! "
Il préfère regarder la rive opposée, afin de ne pas venir me dire de m’occuper plutôt du paysage (que je n'apprécie plus)
que de sa piraterie inconsciente.
C’est vraiment un "sale type" et il le prouvera plus tard, à terre, au cours des achats de souvenirs,
en visitant la « typique » maison nubienne,
disons plutôt,
un autre magasin minable mais…..dans les sables, certes !
(magie du désert)
Alors, le goût de la mythologie l’emporte, m’envahit.
Et,
Avant que l’on m’incite à entrer encore dans
la danse collective animée par cet endiablé de « Faezah »,
je pense soudain au jugement d’Osiris
tel qu’il est mentionné dans le Grand Livre des Morts.
C’est Anubis, divinité à tête de chacal, qui doit procéder à
l ’évaluation de l’âme de tout défunt en pesant son coeur.
En effet, ce précieux organe était bien justement considéré comme
« le siège de l’âme »
et, de nos jours, cela n’a pas dû tellement changer
puisqu’on a « bon coeur » ou…pas.
Ainsi, le poids de ses fautes se mesure
sur la balance du jugement.
Pour cet être indigne, il ne saurait excéder celui de l’effigie de Maat,
Déesse de la justice
Dont le symbole, curieusement ou à raison,
est une plume blanche.
Songeant à ces horribles mariniers ayant persécuté
"P’thit Aalhouet" l’intrépide et infortuné moussaillon,
et à l’instant venu de leur éprouvante psychostasie,
ce souverain jugement d’Osiris, le Dieu des morts
et de la Résurrection ,
comment seront jugés ces gens de mer.....de(5 points pour 5 lettres),
me dis-je alors ….sans respect, il est vrai ?
A mon tour, sans la moindre générosité et dans une si grande colère, Je pense que sa clémence divine et infinie
ne s’exercera pas, et qu’il ne leur ouvrira pas
les portes d’un au-delà bienheureux comme, naturellement,
en rêverait une belle âme des plus humbles !

 

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