![]() |
|
|
| Dans l'univers plus sérieux de la vérité historique. ...mais saura-t-on vraiment toute la vérité ? | |||||||||||||||||||||
Présentation
Photos Récits
Photos
Toscane Croisière Tunisie
Photos
Photos
Reportage de voyage
Photos
Souvenirs
Découverte
Pêcher en bateau
Emaux sur Alu
Partenaires Annuaires Contact Retour |
<KHEPRI... pour un Scarabée Royal A l’aube naissante, l’ascension de la dune de sable ocre rosé s’avère lente et pénible car il me semble que je marche dans un talc vraiment impalpable, offrande unique des Dieux égyptiens en ce désert interminable pour en embellir le paysage, en amont de la première cataracte, le site envoûtant de Philae. L’effort est vite récompensé : soudain, sur cette pente exclusivement minérale, j’observe une petite forme de vie trahie par sa laborieuse et intelligente progression qui sculpte le sable(traçabilité naturelle !).
En
m’approchant davantage, je reconnais le scarabée mythique des premières
religions, aussi étrange par son comportement que par la fascination
qu’il a exercée sur les populations égyptiennes, depuis les temps
les plus reculés. A mon tour, j’accorde toute mon attention à l’activité
du petit coléoptère si travailleur que je connais surtout sous l’appellation
assez péjorative de bousier. En
effet, très étrangement, cet insecte exploite intensément les excréments
de certaines espèces herbivores. Il possède l’art de les mettre en
boules plutôt parfaites pouvant alors rouler aisément et même, montre
assez de courage pour vaincre une pente grâce à son obstination instinctive
laquelle mérite tant notre admiration. Tout le jour, il travaille
pour charrier son précieux chargement et, enfin, l’enterrer afin de
le consommer suivant ses besoins. C’est un vrai coprophage. « Rien
ne se perd, rien ne se crée ! » Lui savait déjà tout cela en voyant
le jour. Mais l'étrangeté de cette bestiole ne s'arrête pas là: ce
lamellicorne pourra aussi y pondre ses oeufs ! S’y reproduire même. Alors,
en me remémorant certains rêves un peu fous motivés par mes lectures
des légendes antiques, instantanément , je rentre et voyage dans un
lointain passé. Et soudain, en écoutant l'homme de religion,
m'essaye à penser comme l’aurait fait un Egyptien des temps
anciens, bien avant Jésus-Christ, afin de comprendre le mythe du scarabée
sacré. D’un
noir luisant tel le jais, en Haute Egypte, cet étrange coléoptère,
qui s’habille d’un brillant vert métallique en Nubie, cette cétoine,
c’est bien lui Kheper ou Khepri: « Celui qui naît à l’existence »
sortant de la boule qui protège l’œuf et la larve vivante. Un Dieu
Créateur, au temps de Pharaon. Ce scarabée, pétrissant la boule qui
donne ainsi la vie, évoque aussitôt Khnoum, Dieu....bélier!
En effet, cet autre Dieu Créateur modelait l’oeuf primordial sur son tour, afin qu’une vie en sorte. Pour cela, le nom de ce porte-bonheur, cette amulette que, spontanément, on vous offre gentiment sur la terre des Pyramides signifie, sachez-le:« devenir, exister, se transformer, naître ». Par
le disque qu’il porte, il symbolise donc Le Dieu Créateur, le Soleil
qui, sans cesse, renaît à l’existence. Le grand scribe Anana, sans
lien de parenté avec l’espèce aussi exotique que végétal, explique
pourquoi le simple scarabée était ainsi vénéré : « en faisant rouler
ces petites boules d’excréments où il dépose ses oeufs, il se montre
en parfaite harmonie avec le Créateur qui, lui, fait rouler le monde
et produire la vie. »Khepri s’affirme ainsi en vrai symbole, comme
s’il poussait devant lui, le disque du Soleil . Dans
notre langue française, la bizarrerie de l’orthographe qui parfois
déjoue la règle élémentaire, s’observe encore ici par l’écriture au
féminin du mot scarabée, lequel appartient pourtant au genre masculin.
Cette anomalie dans l’écriture sied bien à l’ originalité de ce stercoraire,
en son mode de reproduction. Elle donne déjà un indice, si maigre
soit-il, sur l’espèce en sa spéficité et, voulant tout expliquer par
le mystique, le mot égyptien se veut plus précis sur celui qu’il désigne
et à cette fin, il est traduisible. Ainsi, KHEPRI résume parfaitement
un cycle de vie complet C'est
un éternel recommencement comme celui du disque solaire, en sa course,
et qui reste le vrai modèle pour les fragiles humains aux destins
si éphémères. Longtemps après l’ère pharaonique, ceux-ci s’émerveillent
toujours, de cette patience ingénieuse du tout petit insecte détritivore,
un fossoyeur si écologique ! «
J’ai accompli mes scarabées » déclarait le scribe pour exprimer qu’il
avait franchi allègrement toutes les étapes de sa vie, en sachant,
chaque fois, en déjouer les obstacles. C’est ce que l’on devrait se
dire à la fin de chaque journée vécue afin de souhaiter revivre le
lendemain cette même satisfaction. Mais, les jours se ressemblent-ils
?…. Non, assurément ! Seul le fait de vivre encore et de sentir son
être animé par l’indispensable souffle de la vie devrait ranimer notre
énergie chancelante pour que comme Rê et le scarabée crabeus, l’immortel
et le mortel, nous continuions sereinement notre parcours, jusqu’au
mot ultime…. fin. Ainsi,
toi l’humain, seras-tu "khepri pour" un épicurien agissant
suivant son indolente devise fort sereine « Carpe diem ! » On comprend mieux pourquoi, fidèles à leurs croyances, les prêtres momificateurs remplaçaient parfois, comme en prime, le coeur du défunt monarque par un Scarabée d’Or: c'était afin qu’il reprenne aussitôt vie dans l’au-delà.
|