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LAURA NOTRE TALENTUEUSE QUEBECOISE

 

 

 

Depuis ce jour béni des Dieux et de St Pierre, en sa spécialité,où nous l'avons rencontrée, à la faveur du premier tournoi féminin de pêche au gros de Guadeloupe, Laura reste avant tout notre amie au grand coeur. Elle n'a qu'un seul défaut et c'est plutôt maladif mais reste saisonnier: elle souffre de saumonite aiguë ! Et ça, c'est incurable, son Robert le sait bien. Dès qu'il la voit semblant ranger ou vérifier le matériel de pêche, il peut, à son tour, s'activer, préparer sa grosse caméra de vidéaste professionnel qu'il est. Notre chasseur d'images ne sera pas déçu: chacun, en son domaine,fera de superbes captures !
Pour notre part, en merveilleux pays de Québec, nous profiterons de tout. Par leur affection d'abord et avec leur gentillesse coutumière, nos amis nous ferons découvrir la vie au grand pays des lacs, rivières et superbes forêts, ses habitants si aimables, très avenants et un sens de l'hospitalité peu ordinaire. Et, en offrande suprême, le mythique été indien.

Préparant silencieusement le grand embrasement des semaines magiques de l'été indien, érables, chênes rouges, trembles et cerisiers de Pennsylvanie habillent peu à peu, en Arlequin, les immenses forêts de feuillus pour ce carnaval unique de la nature. Aussitôt, jalouses ou coquettes, les eaux calmes se font le grand miroir de tous ces merveilleux reflets comme pour se parer de la même beauté et offrir ainsi au pêcheur, sa première émotion esthétique, celle de l'aube naissante, là, sur un petit lac au Canada. Mais ailleurs, face à l'immensité mouvante de l'Ontario, le spectacle devient autrement plus impressionnant: on croirait prendre la mer!
En effet, que penser devant cette immensité liquide? "Qu'es-tu vaste Ontario et où cours-tu?" Lac ou mer, on s'y perdrait ?... L'imaginaire survole aussitôt les espaces infinis, nous transporte et... on voit. Très abondante, l'eau douce et vive bondit, coule, de grand lac en grand lac, par les rivières et ainsi, Erié alimente le Niagara, qui « s'éclate » bruyamment en chutes aussi phénoménales qu'impressionnantes, courant encore vers Ontario pour devenir enfin St Laurent qui se perd ensuite, en un mariage avec l'Océan salé. Immenses, l'estuaire et le golfe semblent vraiment un mini-océan soumis à la marée dès le lac St Pierre. Un des 5 grands, le lac Ontario atteint par endroits jusqu'à 85 Km de large, s'étire sur 310 Km, en ayant une profondeur de 257 m. Alors, il s'affirme plutôt comme une vraie mer intérieure sur laquelle voguent d'ailleurs de gros bateaux. Aussi, depuis les embarcations de pêcheurs, les techniques de cet art s'adaptent-elles à ce gigantisme comme à ses incontournables contraintes maritimes à ne jamais sous-estimer. Ceci explique et justifie déjà certains choix techniques mieux adaptés et l'on comprend pourquoi, ici, le saumon est pêché autrement, à savoir au downrigger.
Dans ce vaste univers, l'amateur rencontrera une étonnante diversité du grand salmonidé au nez crochu. Déjà, le Tyee pour les Indiens, qui y voyaient donc un « Chef », le saumon royal CHINOOK Oncorhynchus tshawytsha est encore appelé King par les Anglo-Saxons. Les uns lui montrent déjà du respect pour sa puissance et sa combativité qui font aussi sa noblesse, tandis que d'autres rendent surtout hommage à sa beauté qui n'a d'égale que sa belle défense. A noter qu'au moment du frai, en une métamorhose curieuse, le maxillaire supérieur s'infléchit vers le bas, tandis qu'à l'inverse, c'est l'inférieur chez Salmo salar, qui affecte soudain cette forme de bec. On trouvera aussi le COHO, saumon argenté, Oncorhynchus kisutch, ou Silver. Le saumon chien, CHUM Oncorhynchus keta, encore nommé Dog. Il dépasse rarement les 10 kg. Le SOCKEYE rouge Oncorhynchus nerka dit Red s'agissant du mâle lors de la frai. Ce saumon au dos bleu clair porte de grandes écailles; il atteint à peine 0,75 m pour environ 7 kg. Le PINK , dit saumon rose à cause de la pâleur de sa chair, c'est Oncorhynchus gorbusha qui, pour sa taille, reste comparable au Sockeye. Toutes ces espèces sont des saumons dits du Pacifique. Pour sa part, Salmo salar est l'ATLANTIQUE ou Ouitouche.
Bannis des mers sont les LAND-LOCKED qui, ayant « oublié » l'océan, sont devenus des saumons enfermés à savoir, qu'ils vivent en eaux closes où, d'ailleurs, ils se sont parfaitement adaptés commpe le KOKANEE à reflets rouges qui est un saumon de très petite taille. Mais, le plus réputé reste la OUANANICHE qui est un saumon atlantique très primitif, non-anadrome, soit non-migrateur car, comme l'imaginent les scientifiques, à l'époque glaciaire, des populations de ces Salmo salar auraient été géographiquement enfermées et ainsi, « interdites » de séjour en eaux salées. La ouananiche s'est donc adaptée au nouvel écosystème, a pris parure plus sombre car fort ponctuée de taches et croix noires et ce, jusque sur les nageoires dorsales et caudales. Très combative, elle est considérée comme un vrai poisson de sport. On n'oublie pas le PINOOK qui est un hybride du Chinook et du Pink.

C'est donc pour traquer les grands salmonidés des lacs que la pêche au downrigger a été imaginée. Quand le poisson se tient trop à fond, soit du fait de la présence abondante du poisson-fourrage, qui s'y réfugie, soit parce que la température de la couche d'eau superficielle est trop basse, par la présence de courants ou pour d'autres raisons, en particulier, une thermocline bien marquée et plutôt profonde, il s'impose de pêcher plus à fond où le poisson se montre vraiment très mobile, recherchant autant des eaux fortement oxygénées que des proies. C'est souvent le cas vers le milieu de l'été car le poisson se montre très versatile par ses incessants déplacements verticaux. Le downrigger s'avère alors un très utile accessoire qu'on peut juger hybride et polyvalent car il joue aussi bien le tangon-écarteur que le treuil capable d'immerger ou de remonter un gros plomb d'au moins 1 Kg à la verticale du bateau. Ce lest spécialisé porte une attache pour une pince-déclencheur à tension réglable par molette. Celle-ci sert à emprisonner la ligne de pêche pour la maintenir au niveau déterminé d'après les utiles informations fournies par le sondeur lequel a révélé les courbes de fond et, simultanément, a localisé les poissons. Les treuils manuels du type Penn Fathom sont mus à l'aide d'une grande manivelle facilitant la récupération du câble sur la large bobine où s'engrange ce dernier. Le freinage du déroulement est réglable et un compteur mesure la longueur lâchée. Ensuite, la manivelle est verrouillée. Souvent monté sur base pivotante, le treuil peut donc se positionner aisément. Mais ici, à bord du superbe Thompson Fisherman de 27 pieds de notre hôte, nous utiliserons des modèles plus adaptés qui sont activés par un moteur électrique. Du coup, ces Big Jon USA apportent un réel confort d'utilisation aux pêcheurs, en particulier au moment important de récupérer promptement le gros plomb et son filin, afin de ne pas gêner l'action de combat du pêcheur lequel travaille avec son matériel. Initialement, la ligne de 20 ou 30 lb est d'abord mise en pêche, à la longueur souhaitée. Ce sera seulement 20 pieds par flot agité, puis, après réglage du serrage de la pince, est emprisonnée dans cette sorte de pince à linge. Alors, le treuil dévide lentement son câble lourdement lesté, parfois jusqu'à 5 Kg, et positionne la ligne à l'étage d'eau idéal retenu pour la prospection grâce aux informations du sondeur. La pêche en traîne profonde et semi-rapide(2,9 miles/h) commence sous des augures prometteurs. A fond, se tiennent de grands poissons qui méritent un autre savoir-faire.
Pour tenter un nez crochu,on emploie surtout des cuillers ondulantes de belle taille. Ici, c'est souvent des Nordortnirn noires que chacun, à sa façon et avec sa foi, orne de zébrures attractives pour les rendre encore plus performantes. De même, au hit-parade des élues, citons les Toronto wobbler inox, Panther Martin, Baker's Jaw Jammr, Rapala, Ghost Minnow Excalibur, les Pixie spoons, Lucky Strike et tant de cuillers personnalisées avec une préférence bien marquée pour les tonalités de jaune et de vert. Et que la pêche commence suivant une éthique qui caractérise les vrais pêcheurs soucieux du respect du poisson, de la ressource et de l'environnement.
On se souvient alors d'une croyance indienne qui impliquait de vénérer le saumon considéré comme un être immortel, venu pour faire l'offrande de sa chair. Afin d'assurer sa réincarnation, on ne prélevait alors que les filets, laissant intactes la tête, l'ossature et la caudale qui étaient rejetées dans le flot, avec respect.



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