Très
tôt, dans mon enfance, j'ai considéré que ce
qui était capturé devait être consommé
sinon, à quoi bon ôter la vie à ces bestioles
pour les jeter ensuite, faute de les avoir accommodées.
Je me disais parfois
que les premiers hommes ayant à quêter leur nourriture,
ceux qui inventèrent donc la chasse et la pêche, ne
considéraient sûrement pas ces activités comme
des sports mais que c'étaient des vrais moyens de survie.
Ils avaient peut-être aussi le souci de ne pas gaspiller et
ne prenaient que ce qui suffisait à leurs besoins.
Probablement, songeais-je alors, à mon insu,
à la notion de cueillette mesurée, si souvent oubliée
de nos jours.
Bien vite, ces mini crustacés que sont les crevettes
grises me passionnèrent davantage que les ingobables gobies !
Et plus encore le tellement plus rare et si goûteux "
bouquet ".

Ce
magnifique macroure de 7 cm environ se réfugie sous le varech
abondant. On ne le trouve que très rarement car c'est la
marée qui limite sa recherche.
En effet, il faut préférablement
le rechercher à la faveur d'une grande marée. De plus,
c'est une cueillette à faire au plus fort du reflux. On capture
ces belles bestioles en poussant la " bichette", autour
des longues dalles que le varech habille généreusement
ou bien sous les larges "perruques" de fucus.
Il faut,
si j'ose dire, peigner ces espaces en tous sens et même, de
bas en haut, dès lors qu'on a repoussé ces belles
crevettes roses dans leur dernier retranchement,
à la verticale
de la paroi de la roche-abri.
Et
ces brillants haricots de mer ou Donax

Une
pêche facile que nous aimons pratiquer sur l'Île d'Oléron,
en certains sites seulement, où des gisements de ce bivalve,
parfois nommé trialle, flion voire telline(à tort,
en Atlantique au moins ! )se plairont davantage qu'ailleurs.
Interrogeons-nous
gratuitement sur les subtilités des écosystèmes
marins. Cela est-il imputable aux conditions suivantes: des plages
basses doucement pentues, plages de sable de faible granulométrie,
une certaine puissance du flot donc des plages très battues
et labourées par les marées nourricières, quels
apports de nourriture par le courant côtier?
Quant au rassemblement des coquillages, cela est dû à
l'instinct grégaire, le lâcher d'abondantes larves
trouvant vite un support etc.
D'autres plages comme celle de Boyardville se spécialisent
naturellement et principalement par la colonisation des coques(
sable plus fin ?)
Donc chaque plage aurait + ou - sa spécialisation.
Pour
dénicher les Donax, on gratte le sable avec petit râteau
ou une griffe plus courte.
Il faut laisser arriver la vague légère
qui affouille ce mini-labour, démasque et dégage les
coquilles: aussitôt, ça part de droite et de gauche,
en aquaplaning, et il faut s'activer pour attraper ces fuyards emportés
par le flot salvateur.
Dès que le flot les abandonnent sur place, ils sont prompts
à sortir le pied qui permet leur rapide ensevelissement dans
le substrat.
D'autres pêcheurs s'y prennent autrement: assis sur cette
grève balayée par les vaguelettes extrêmes du
ressac, ils grattent le substrat des deux mains et pratiquent donc
une pêche tactile.
Enfin, certains malins très adroits et quelque peu danseurs
piétinent sur place comme pour tasser légèrement
le sable. Alors, les ondes de pression ainsi générées
font sortir " les bivalves irrités" par ce tapage....et,
ça marche aussi très bien !...
A
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