Enfant,
je découvris un jour cette métamorphose du paysage côtier,
quand les flots océaniques, las de battre et mourir doucement
d'écume si mousseuse sur les plages basses se retirent peu
à peu, comme à regret,
le temps d'une courte marée
bien éphémère pour le bassier.
Et oui, obéissant à la lune d'argent, l'océan
impétueux devient soudain moins agressif, plus docile, tire
sa révérence en longues vagues errantes puis livre aux
humains un autre " Grand Palais de la Découverte",
celui de l'estran rocheux.
J'appris plus tard ce joli mot aux saveurs
iodées qui désigne cet espace du littoral compris entre
les hautes et basses mers et qu'à notre jeune âge,
nous
appelions, plus simplement: la jolie plage à marée basse.

Quand
arrivait le temps si attendu du reflux, l'aire de jeux et des plaisirs
prenait vite d'autres dimensions, semblant s'étendre à
l'infini et nous devenions aussitôt de véritables petits
Vikings partant à la conquête de ces mystérieux
espaces secrets de la mer qui, soudain, nous étaient un peu
plus dévoilés.
Enchantement des yeux et de l'âme
face à ces micro univers abritant autant de bestioles livrées
à la convoitise des petits d'hommes ou...aux grands !
Et grands
espoirs d'attraper quelque chose:
objet-trésor ou animal ?





CLIC
sur images
Tout
cela existe donc sous la mer !
De quoi exciter l'imagination d'un
enfant !... Léviathan de la Bible, Dragons asiatiques ou Sirènes
homériques seriez-vous de cet univers ou seulement, de vraies
chimères pour conteurs en mal de récits ?
Le goût atavique de la chasse aux petits animaux innocents devenait
vite, sans le savoir, de la pêche.
Le grand Colbert n'a-t-il
point décidé que le seul fait de ramasser des algues
constituait déjà un " acte de pêche "!
Lucide
et si contemporain, ce bon ministre !
Mais, la traque d'une innocente gabotte apeurée et confinée
dans une large flaque d'eau n'avait rien de glorieux quand une si
longue patience arrivait à ses fins cruelles.
Que valait la capture du si minuscule poissonnet brunâtre, qui
ne ferait le régal de personne après sa longue et inutile
agonie, dans un petit seau de plage où l'eau salée montait
vite en température ?
Gabotte au court-bouillon pour quel gourmet
Lilliputien ?
Là n'est pas une question que se posait alors le "gentil"
prédateur humain, lequel, après tout ne faisait que
"joujou" !.
Mais voilà, par cette action stupide qui le grandissait le
petit homme pensait avoir ainsi affirmé sa puissance en harcelant
le fretin fugitif, pourtant si vif et preste à trouver des
caches presqu'inaccessibles !
Parfois, il fallait même briser
la roche pour capturer sa victime terrée dans
un trou minuscule.
En
son temps, La Fontaine n'eut-il pas raison d'exprimer
avec sagesse:
"
Cet âge est sans pitié !"
A
SUIVRE ....avec photos et
autres textes
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