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LIVRE
de BORD ( une manie point oubliée
d'un Capitaine en retraite!)
Mercredi
14 mars 2007. Port d'embarquement de Savona.
Certes
un peu étiré sur cette bannière, c'est pourtant
lui notre géant des mers aux lignes si pures. Construit en
2006, le paquebot "Concordia" de Costa Croisières
est un superbe monstre marin dont les caractéristiques laissent
un peu pantois: 290 m de long sur 36 m de large, 67 m de hauteur,
un tonnage de 112000 et ses 17 ponts , voilà de quoi recevoir
confortablement les 3700 passagers pour lesquels un équipage
de 1100 personnes devrait tout mettre en oeuvre afin de leur assurer
la meilleure croisière dont le départ est prévu
pour le mercredi 14 mars 2007.
Mais
où sont cachés ces quelques trésors du passé
?...
Le
film de la croisière nous est suggéré par la
programmation des escales. Le voyage commencera par un ordinaire trajet
en car Nice-Savone où l'île flottante Concordia sagement
amarrée attend ses nouveaux habitants. On ne découvrira
les premiers trésors du monde antique que le 16 mars en débarquant
à Katakolon pour partir sur Olympie ou plutôt, suivant
notre choix très personnel, nous préfèrerons
errer dans ce petit port grec plutôt que d'aller voir un ordinaire
mais très symbolique terrain de sport, sans réel intérêt
que celui d'un joli site où l'imagination devra créer
l'émotion. La croisière repart vers 18 h pour joindre
le lendemain le port du Pirée et là, sans hésitation,
nous avons opté pour une 1ère excursion dite "Athènes-Cap
Sounion". Demain, nous aurons touché Izmir en Turquie,
autrefois Smyrne. Le site d'Ephèse, Saint Jean et la maison
de la Vierge Marie, voilà tant d'évocations et de beaux
endroits à découvrir. Le 19, nous serons à nouveau
en Grèce, à Rhodes où le géant n'existe
plus! Ce sera une escale pour aller flâner, faire les boutiques...à
l'aventure, acheter de l'Ouzo !
Le jour suivant, Limassol à Chypre, l'île aux 2 visages
mais nous serons plutôt chez les Grecs.
Le 21, arrivée en Egypte, en Alexandrie, sur les pas
d'Alexandre et ses conquérants, Bonaparte et tant d'autres.
Pas de visite de la bibliothèque, le temps manquerait.
Puis, 2 jours de mer nous permettront de profiter pleinement des services
et distractions de Concordia.....et de reposer nos pieds. Le samedi
24, nous jetterons l'ancre à Civitavecchia pour nous offrir
Super Roma. Tant de choses à voir jusqu'à 18 h puis
le départ à 19 h pour le retour vers Savone,
d'où nous étions partis le 14. Ce sera le dimanche 25
mars . Un car nous ramènera à Nice où nous sommes
attendus par nos enfants.
C'est
parti ...
Soudain,
comme le panneau d'affichage des aéroports ou des gares, le
calendrier s'est affolé, le temps devenu trop court a défilé,
au pas de chasseur. Voyage routier de 1000 km vers le sud, avec escales
en famille et puis le 14, l'attente à l'aéroport de
Nice qui ne fut pas trop longue. Nous partirons les premiers, ce qui,
pour autant ne s'avèrera pas être un privilège
car le numéro d'attente de notre groupe, en arrivant à
la gare maritime, le 22, sera attribué à tous nos cars
en provenance de Nice.
Nous
voilà intégrés à la tribu des croisiéristes.
Une peuplade assez bigarrée par sa diversité ou ses
excès, qui nous rappelle avec sagesse
"qu'il
faut de tout pour faire un monde ! "
Sans
être particulièrement méprisant, chacun doit ajouter
ce principe à ses "bagages" !...et se dire qu'assez
de tolérance s'impose à partir des premiers instants
pour que ce beau voyage reste du meilleur agrément. A l'usage,
on constatera qu'il est parfois difficile de s'embarrasser d'un principe....trop
lourd pour en faire sa philosophie quotidienne ! Alors, l'ami-voyageur,
souris et regarde le beau paysage qui se déroule à contresens
car le voyage commence ici et, ton fauteuil dans ce car bien confortable
....n'a pas de roulettes ! Tant mieux pour toi !
14
h15. Heureux comme Ulysse, au début de son voyage, nous entrons
dans Savone par un vrai dédale(déjà la mythologie
!) de rues et d'avenues qui marque l'importance de ce port en pleine
extension. Nous cherchons le bateau au détour de la route mais
l'accès tortueux à la gare maritime ne permet pas cette...indiscrétion.
En pénétrant dans ce grand bâtiment, nous ne savons
pas encore qu'il va falloir patienter jusqu'à 16 h, dans un
brouhaha pas ordinaire, pour franchir la passerelle et découvrir
le fier coursier des mers. Il
faut attendre que l'on appelle le groupe 22 .

CLIC sur
les images réactives
Après
cela, organisation rationnelle et sécurité obligent,
des passages à divers contrôles s'imposent autant qu'une
grande patience en conflit avec... de l'impatience. Nous sommes trop
nombreux dans cette immense volière où chacun voudrait
que son tour arrive vite. Lavés de tout soupçon après
un examen au laser subi avec succès, nous sortons de cette
grande piaillerie party et, enfin....
Le Voilà, " Nave Concordia ".
Il resplendit dans toute sa beauté et ses glaces bleutées
des balcons jouent avec les rayons du soleil.
Vraiment, il semble une ville dans la ville.
  
Bientôt
16 h. Avec nos bagages à main assez lourds, surtout le PC,
nous voilà prêts à franchir la passerelle. Et
bien non: nouvel arrêt. Un grand matelot vêtu de blanc
et son gentil moussaillon féminin
nous
" encadrent " littéralement, tandis qu'un paparazzi
officiel fixe sur la pellicule la montée à bord de nos
honorables personnes. Ils nous remercient et la voie semble enfin
libre. Accueil parfait mais.... encore des arrêts, retrait des
passeports en échange d'un double authentifié Costa
etc. puis, ENFIN, direction les cabines pour trouver la nôtre,
n° 8263 ???
Hélas la carte magnétique Concordia, à notre
nom, ne marche pas ! Appel-SOS au cabinier, qui se présente
aimablement( " moi, Gérald.." ) vérifie que
la carte est bien inactive, et de son sésame magique et infaillible,
lui, ouvre notre nouvel univers pour 12 jours.
Emerveillement immédiat, la joie fait vite oublier les fatigues
et l'attente mais ça va pourtant recommencer car il faut aller
réclamer pour cette
carte démagnétisée.
Encore la queue interminable car nous ne sommes pas les seuls à
devoir faire " revitaliser notre clé gréviste ".
A l'accueil, les commentaires ne manquent pas et on le comprend car
nous préfèrerions défaire tranquillement nos
valises pour nous installer vite, d'autant que l'exercice d'alerte
est prévu dès que le bateau appareillera. Et ce sera
bientôt.
De notre balcon, côté quai, nous surveillons les préparatifs
de ce moment tant attendu: les ordres fusent, l'agitation au sol devient
plus perceptible.
Soudain, les passerelles s'escamotent, les amarres sont avalées
goulûment par de puissants treuils, la sensation que le bateau
s'écarte insensiblement du môle se confirme car les propulseurs
d'étrave, qui participent à cette manoeuvre parfaite,
remuent la vase du fond et une grande turbidité de l'eau en
témoigne. Concordia a pris ses distances avec la terre. Il
est libre !
Puis, c'est le long et grave hurlement de la sirène qui annonce
le départ. L'émotion nous gagne: que de souvenirs d'enfance
sont ravivés( les croisières du " Direct "
Casablanca-Ajaccio, la Koutoubia, le Djenné, l'Eridan etc.
le chant du départ des puissantes sirènes !...)
...et,
à présent, vogue noble vaisseau
!
A
faible allure de moins de 3 noeuds, le géant prend le large
en saluant ses frères, remorqueurs, cargos, tankers mais aussi
la pilotine active qui lui trace le meilleur chemin pour cette évasion
concertée. La croisière commence !... mais bientôt,
l'invitation à l'exercice d'alerte est lancé par haut-parleur.Tous
sur le pont... indiqué par la procédure affichée
sur la porte avec le gilet de survie! "Flotte ou crève
!" devient la devise de cette Légion de fuyards plus ou
moins motivés.
Il faut déjà "vivre" la pagaille et imaginer
le désordre et l'affolement si d'aventure( ou de mésaventure
)....un jour...mais n'y pensons pas car pour l'heure, place à
l'instruction ! Les indisciplinés forment une autre drôle
de légion, celle de ceux qui n'ont pas enfilé leur gilet,
réglé la sangle, savent tout et vont em...r tout le
monde en gesticulant, au milieu des gens dociles déjà
bien alignés, suivant les ordres reçus, pour le faire
enfin....sans parler de ceux qui arrivent très en retard pour
des raisons...qui n'en sont pas.
Evidemment, ne faut pas râler: la croisière s'amuse,
on est sur la même "galère"(de luxe ), on est
en vacances, on n'a que ça à faire....Ces petites observations
pour dire que les mêmes c...s( causes ) ont les mêmes
effets ! Du coup, l'exercice se déroule dans une anarchie dont
les seuls bénéficiaires sont ceux du premier rang soit...
les derniers arrivés, si bien que l'utilisation de l'astucieuse
petite lumière fixée sur le gilet reste dans l'ombre
!...et ne sera pas expliquée convenablement. Voulant apporter
ses lumières, chacun donne son avis sur la mise en fonction
du lumignon mais le mieux serait d'essayer ! Enfin la représentation
est terminée et la pagaille se répète en sens
inverse.
Beaucoup n'ont rien compris et surtout ...que rigueur et discipline
dans de tels déplacements sauveraient autant de vies que les
gilets ! Retour apprécié dans la cabine où le
calme règne.
Et aussi, soufflons enfin car le rythme des contraintes, bien nécessaires
il est vrai, a été plutôt soutenu. Oui, très
émouvant ce long coup de la puissante sirène-corne de
brume qui, tout à la fois, salue les Savonais et...les Savonnettes
!...et pour nous, sonne le moment heureux du départ et sur
ces premiers tours d'hélice, le début de notre beau
voyage.
Souple et silencieux le bateau glisse en fendant amplement les flots
de son énorme bulbe et prend peu à peu son allure de....croisière,
comme disent les marins!
Nous
sommes affectés au Ristorante Milano, dont le cadre est agréable,
au 1er service, à notre demande. Depuis la mezzanine, on
découvre la partie basse du même restaurant. Ce soir,
"dîner de Bon Voyage". Autant le dire tout de suite,
la cuisine sera bonne, assez raffinée en général
et les menus copieux: au choix parmi 3 entrées, 3 potages
, 2 plats de pâtes, 5 plats de poisson ou viandes, salades,
3 desserts. Si vous mangez tout ça !!!! Les petits pains
très frais(au sésame etc.)sont irrésistibles
et permettent de patienter entre 2 plats. On doit payer son eau(sauf
pichet) et son vin ( plutôt cher, tout de même).
Le service est assuré par des gens souriants et très
aimables, à la livrée impeccable. En un va-et-vient
incessant, nos 2 serveurs et ceux des autres tables courent aux
cuisines chercher des plateaux chargés d'impressionnantes
pyramides de plats gardés au chaud sous leurs cloches. A
la vue de certains visages crispés, je ne peux m'empêcher
d'y sentir un relent d'esclavage tant cette activité me paraît
pénible par le rythme imposé à ces braves !
La
croisière en haute mer a donc bien commencé et le 15
mars sera une pleine journée de navigation. Toutes sortes d'activités
nous occuperont bien dont la découverte du bateau, les photographies
ou la video, l'enregistrement de la carte de crédit car on
n'utilise pas d'argent à bord pour payer(chaque dépense,
le moindre café, implique de présenter sa carte Concordia
pour l'enregistrer tandis qu'on en signe le ticket-débit )
et autres formalités qui font prendre, chaque fois, la longue
file d'attente.
Ce
paquebot tout neuf est simplement magnifique ! Vers 18 heures, il
appareillera cap au Sud-Est, vers l'Île d'Elbe.

Escale
de Katakolon
...admirez-le, il le mérite bien !
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