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Le "Grand" Scribe Ouyarrh... de Memphis
Aujourd'hui
encore, les passions sont grandes et diverses pour un grand pays
d’Afrique qui fut sûrement un des berceaux de nos
civilisations et qu'indifféremment, on appelait alors,
le Royaume des Deux-Terres, Haute et Basse Egypte ou plus simplement,
dans le meilleur cas( KÂ ??)...celui du contemporain, l’Egypte.
Le roi ou Pharaon gouvernait son royaume avec rigueur, et, dans
cet état bien organisé, les moindres évènements,
qu’il s’agisse de politique, d’agriculture,
de religion ou autres sujets étaient relatés par
écrit, mis en mémoire... inerte par des scribes,
grands ordonnateurs et talentueux calligraphes de l’histoire.
Un excellent modèle pour les peuples non évolués. L’Egypte
était ainsi un état très papyrussier non
pas qu’il montrât quelque goût pour la culture
des souchets aux délicates ombelles, soit la papyrussiculture...(Cette
tâche n’était d’ailleurs, point nécessaire
puisque les abondants marais s’en chargeaient bien naturellement)...
mais parce que tout ce qui se réalisait dans cette contrée
méritait d’être consigné, soit sur des
tablettes d’argile, soit sur ces précieux papyrus,
les vélins de l’époque. On n’avait pas
encore découvert les subtilités d’emploi des
peaux de vaches ou de veaux pour en faire un support d’écriture.
Conséquemment, point encore imaginé des «
compliments » à partir de cette matière première
issue du gentil ruminant alors tant vénéré,
en ces temps-là, et du style : peau de vache, vacherie,
parigot, tête de veau, va ch….! D'ailleurs, en l’occurrence,
convenons que « tête de vache » eût plutôt
été un compliment en référence à
la déesse Hathor dont la tête s'ornait de cornes
peu féminines! N'ai-je point raison de le souligner ? Scène
de palais Entrant
dans la grande salle du palais de Basse Egypte: Pour
autant, et pour l'histoire, ce que l’on nomme les calamités
de l’Egypte ne sont point œuvres de calame, telles
de belles traces stylées, et constituant des textes très
poétiques, artistiquement illustrés à l’aide
de signes représentant des animaux, surtout, des oiseaux.
Non, mais plutôt, réservons ici, hélas, ce
vocable « calamités » aux déchaînements
déferlants de Sekhmet « la Terrifiante », la
Puissante, dont les serviteurs apportent maladies et mort. Ainsi,
dans la litanie des désastres….calamiteux du Royaume
des Deux Terres, retenons les plus terribles fléaux qui
s’y abattirent et révélés par les précieux
écrits du merveilleux scribe. En
véritable offense au Dieu-Nil, Hapi, ce fut d’abord
l’eau bleue du Nil devenue sang pour que les poissons meurent
et, ces "flots bleus", un drôle.... d’air
pour les pêcheurs. Du mauvais sang à se faire pour
le gentil monde des écailles préférant finir
à la poêle plutôt qu’agoniser en pipant
l'air, désespérément... en surface! Bientôt,
discréditant Héqet, symbole de la fécondité,
lui succéda une bien curieuse invasion d’amphibiens(
envahisseurs précurseurs des engins amphibies). D’une
manière inattendue : une vraie pluie de grenouilles, étrange
et nuisible « manne » étrangement céleste,
fort coassante désobéissant à la déesse.
Cette averse précéda d’abondants déferlements
de moustiques. Drôles de cousins point encore chickungunyés
mais déjà bien armés, bientôt suivis
de redoutables taons. « Ô vent, emporte les taons
! »suppliait à l'envers et à l'endroit, le
peuple éploré aux marches du temple de T’Hathor...vraiment,
lui demandant aussi, pourquoi, elle prenait ainsi la mouche ! Voilà
déjà des calamités aux mille conséquences
graves que patiemment, le scribe au grand talent par son calame
habile et bien affûté dut relater, en cascades: ce
fut donc…nilesque ! Scrupuleusement, il y consignait tant
de détails mais sans toutefois perdre le temps très
mesuré de compter le nombre de taons à l’heure
!..d'autant que les pourcentages pour sondages n’existaient
pas encore pour ces sofres-douleurs ! Il écrivait sur ses
molles tablettes d’argile paradoxalement vouées à
une certaine éternité, (à condition qu’il
ne pleuve pas)pour être la mémoire d’un si
grand peuple disparu, qui a laissé, d’énormes
bornes pointues de sa civilisation, elle-même déjà…en
pointe, sur le plan architectural. Vint
ensuite le temps des ulcères et on composa aussitôt
une complainte mélodieuse suivie d’une supplique
: « A l’eau, Pharaon, bobo ! Purifie ton corps pour
chasser ces royales souillures » qu’à son tour,
hurla, tout essoufflé, le héraut royal arpentant
la grande salle hypostyle. Le bon Scribe Ouyarrh eut encore à
consigner scrupuleusement tous les dégâts provoqués
par une surprenante grêle, tellement inconcevable en cette
région désertique gérée par Thot et
Reshpou soudain incapables de protéger l’espace aérien
d’Egypte. Un effet du subit refroidissement de la planète
fut imputé à Seth le Mauvais s’agitant sûrement
dans son sarcophage pour répandre le mal car on lui collait
injustement toutes les fautes sur le dos, lui qui n'avait même
pas eu droit aux bandelettes momifiantes. Mais
qui évoquerait mieux que notre scribe, tous ces épais
nuages bruns, sombres et bruissants des invasions acridiennes
qu’il était en train de décrire courageusement
tandis que, l’encre n’ayant même pas séché,
les criquets pèlerins lui grignotaient déjà,voracement,
son papyrus. Cela l’obligeait à troquer ce support
pour un quelconque morceau de disque dur, un providentiel ostracon
de sauvegarde, fruit d’une houleuse scène de ménage
au palais. Un pauvre tesson de cruche, c'est bête au départ!
N’étaient pas des lucioles les insatiables bestioles
qui lui boulottaient ses « cris-cris »(terme familier
de bafouille mais préférons "écrits"
pour les littéraires !) En bon précurseur et conscient
d’avoir mal orthographié un certain mot en l’écrivant
« cricket », le célèbre devin s’indigna,
se frappa le front en déclarant : « voilà
que mon Ka, qui se dévoie, me semble tel un étranger.
Et, soudain, je me prends au jeu de ces insectes qui me troublent.
Contre mon gré, j’invente encore un truc qui pourrait
profiter à d’éventuels envahisseurs venus
d’îles lointaines que j'entrevois dans cet oracle
lequel me hante! J’envoie sottement la balle dans leur camp
! C’est ô kê » ajouta-t-il, sans humour
mais simplement, en hoquetant d' un spasme rageur de désespoir.
Et
toujours, l'intransigeant Khal Shkem, qui s’obstinait à
taquiner les enfants d’Israël par le refus de toutes
leurs propositions bien marchandées, croyez-moi ! D’ailleurs,
depuis le coup magique du bâton changé en serpent
agressif et tant d’autres tours neutralisant les pouvoirs
des prêtres d’Egypte et, des Dieux eux-mêmes,
le souverain apparaissait de plus en plus inquiet et cherchait
son sauveur, le scribe visionnaire sachant, lui aussi, jouer bien
des tours. Il
faudra attendre Champollion, pour que nous connaissions mieux
l'appellation de l'insecte ravageur, au corset cuirassé,
sous l'autre dénomination de "criquet pèlerin
d’Egypte". Grâce à ce savant homme, on
a soudain su le ranger, dans la classe des Orthoptères.
"Désastre écologique, quel culot…ces
sales bestioles brunes qui bouffent toute notre verdure sans vraiment
goûter!" se lamentaient les Egyptiens dont un certain
Nhik Holah, fort chevelu et point de perruque, à l'invective
fort injurieuse, qui les chassait justement. Vains efforts. Inexorablement,
les reposantes frondaisons des arbres, des treilles royales de
cette nature verdoyante disparurent en grand désenchantement
général et royal. Avançant en compactes légions
ailées et bruissantes, ( donnant, plus tard, aux Romains,
l’idée de la redoutable formation « en tortue
», si j’ose dire ?…ah ! Oui, vous trouvez ça…tortueux
? Dommage !) disposée en une véritable armée
de mandibules qui hachait et digérait fruits, feuillages
et tiges fragiles, l'insatiable multitude progressait.Ainsi, très
déterminés et créant de nouveaux déserts,
les insectes herbivores ruinaient les espérances des fellahs
laborieux. Le ruban végétal si vital, emblème
d’une sorte de sécurité sociale verte pour
ce peuple, et qui ourlait le Dieu-fleuve s’élima
puis disparut, le temps de deux petites inondations. Oh! deux
ridicules mictions divines que l’on nomme aujourd’hui
: pipis de chat. Sy comores croissaient autrefois ici, plus qu’étiques bâtons subsistaient à présent, après le passage de cette multitude d’estivants de Criquet Tours, l'ancêtre des voyagistes. Six comores bien verts nourrissaient à peine une escadrille d’éclaireurs affamés durant quelques minutes. Sycomore sacré n’ayant pas survécu n’abriterait plus durant des mois le bon poète Homère fumant sa pipe et rêvant à Nausicaa sur les côtes de laquelle Ulysse ne s'échoua jamais( petite info à certains candidats au brevet !). Ah ! Si Gomorrhe, par son mauvais génie, avait pu les anéantir, Sodomiser la maligne divinité de ces drôles de pélerins destructeurs ! Toutes ces dévastations générant la misère faisaient pleurer le Scribe Ouyarrh lequel en mouillait sa tablette d'adobe remplaçant le septième papyrus qu'on lui avait grignoté. Ainsi
s'ajoutait alors un autre désespoir, celui de faire des taches
salées sur son ouvrage si parfait et, y inscrivant une autre
catastrophe littéraire en altérant son texte. Une
émouvante trace dont l’origine resterait inexpliquée,
plus tard, par des historiens avides de Skhoûp(une mode d'info
inédite, prioritaire et bluffante). N’étant
pas assujetti aux 35 heures, une invention plus tardive encore appelée,
«
Que va-t-il encore nous arriver ? interrogea Pharaon. Le bon scribe consignait scrupuleusement tous ces évènements mais son émotion devint plus intense lorsqu’il dut conter le terrible maléfice dont furent victimes tant d’âmes innocentes, les premiers-nés des familles d'Egypte. En particulier, résultat d’une supputation générale, nul n’ignorait une indiscrète croyance. Le Dieu Amon-Râ avait des rapports sexuels avec la reine. Et oui ! De ce fait, leur divino-royale progéniture prenait en CDI le statut de Dieu Incarné Consacré à Amon-Râ espérant, d'ailleurs, le prolonger durablement. Alors, l’avoir tué en cette malédiction exterminatrice des premiers-nés signifiait aussi la mort d’un Dieu parmi les hommes ! Imaginons le désarroi du monarque et de son peuple! ..et l’immense tristesse du bon scribe ! Mais, rappelons-le aussi, toutes ces calamités ici évoquées n’ont de lien avec le calame du Scribe Ouyarrh que par le seul fait que ce précieux instrument si rudimentaire servit à les relater…comme le conteur vient de le faire avec sa tablette..... informatique. Et
aussitôt, cela permet d’attirer l’attention de
chacun sur la haute fonction de scribe royal qui, s’il était
l’homme de la connaissance, le roi du calame demeurait avant
tout le fidèle sujet du Dieu Thôt, le Maître
des hiéroglyphes. Pour atteindre ce pyramidion de la gloire,
il lui avait fallu étudier longtemps, faire ses preuves au
sein du Palais et surtout ne jamais oser « toucher »
au pouvoir du sceptre royal. En somme, toujours demeurer un parfait
fonctionnaire rangé, docile ou servile. « Impensable ….mais vrai, Ô Immense Seigneur de Haute et Basse Egypte, d’être ainsi tenu en échec par Moïse et les « fils d’Israël », les Sémites asiatiques! Remets les pieds sur terre, Ô mon généreux Pharaon et maître. Donne vite or, bijoux, bétail, vivres, eau et... visas de sortie à ces fidèles de Moïse sans papyrus, venus du pays de Ghosen, afin qu’ils regagnent sereinement leur terre promise….et, après cet exode libérateur, ton peuple reconnaissant vivra à nouveau dans la félicité. » Las
de ne jamais être écouté, ainsi, avec passion,
avait parlé le sage Ouyarrh, osant ce jour-là, élever
la voix, lançant les mots avec force comme s’il eût
brandi un sceptre affirmant soudain une autorité usurpée,
tant il ne pouvait jamais plus subir la suprême offense d’être
injustement réprimandé alors que par sa voix, à
coup sûr...raison parlait. Fort
embarrassé par son propre emportement et bien seul, Khal
Shkem, qui avait perdu "sa plume", son ami, retrouva la
réalité avec tous ses problèmes non résolus.
Alors, confus et fort désemparé, du lever de Râ
à celui de dame lune, il ne cessa de répéter
en pensant à son défunt scribe aux meilleurs conseils:
« Et maintenant, que vais-je faire ? » une complainte
pour plus tard….chant de l’indécision et du dépit
!.....puis il se résigna et accepta l'exode des Hébreux
vers le "pays ruisselant de lait et de miel", la lointaine
contrée du Cananéen et du Hittite. |
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