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La
bataille de Kha Lèshes
Avant la
bataille
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Depuis que nous avons visité la grande charrerie moderne d’Edfou,
nos pensées s’envolent vers le lointain passé
de la grande Egypte Antique. Alors, nous ne pouvons rester sans songer
à Ramsès II, sûrement notre pharaon le plus mythique
et évoquer un de ses plus hauts faits de guerre :
la terrible bataille de Qadesh imaginée dans son décor.
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Et d’entendre aussitôt piaffer le couple de fougueux destriers
du Roi, bien nommés par certains « Victoire dans Thèbes
» et la belle jument, sa compagne ravie, « La déesse
Mout est satisfaite ».
De superbes chevaux du soleil.
A ce propos, il semble utile de rappeler que le cheval ne fut introduit
en Egypte que sous la 12 ème dynastie du Moyen Empire tandis
que régnait le bienheureux pharaon Amene
Te Mhat 1 er lequel, avec un nom pareil, fut sans doute
le premier monarque à s’intéresser aux devoirs
de calcul
de son studieux et charmant pharaounet Sésostris
Toujours 1 er, lequel a pu être ainsi un précurseur
à plancher, si jeune,
sur des tablettes algébriques et gommables(des erreurs
pharamineuses pouvant être à la fois pharaoniques).
Mais reprenons notre course vers le champ de cette bataille que dominait
La fière forteresse de Kadesh.
Par ses hautes murailles, le grand et austère ouvrage militaire,
qui symbolisait bien la puissance dominatrice des barbares Hittites
sur la Syrie mais aussi l’orgueil démesuré de
leur empereur, l’insatiable Mouwatali, semblait vraiment imprenable.
L’armée égyptienne de Râ, soudain encerclée
par une vraie grande marée de chars hittites, aurait pu être
promptement défaite sans l’intervention de Ramsès
II, le roi et Dieu courageux invoquant Amon tout en lançant
au galop son char richement caparaçonné,
et escorté par son noble, fidèle autant que placide
Lion.
Chaque trait tiré par l’arc puissant du courageux souverain
atteignait mortellement sa cible et bientôt,
suite à cet exploit divin, et comme par
une éprouvante" tempête du désert",
la panique s’empara des ennemis qui s’enfuirent en une
débandade légendaire, bien indigne alors des cruels
Hittites, mais rien ne sert de courir dit-on depuis.
A tel point qu'en sa grande clémence, le Dieu Amon dut souffler
à Pharaon :
« Arrête ton char, invincible général d’Egypte
!
La victoire t’appartient déjà.»
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Voilà, au cours de notre séjour en Egypte non pharaonique,
ces tyranniques rêveries qui avaient soudain envahi ma «
citadelle pensante » au sommet, quand « la folle du logis
» comme l'aurait exprimé le sage et chauve Spinosa, l’imagination
fertile et anarchique, s’exerça à mon insu, tandis
que nous marchions parmi cette armée indisciplinée de
chars pour trouver le nôtre,
le 116 conduit par le Shuma Scher du coin.
Avant tout, et pour satisfaire à la curiosité historique,
il est bon d’observer que l'actuel char typique d’Edfou
apparaît très différent
du classique char antique des Egyptiens d'antan ou des Romains .
D’ailleurs, ici, on le désigne couramment sous le vocable
de
« kha lèsche »
Peut-être, devrait-on y voir un rapport avec cette région
de Qadesh ou Kadesh( les deux orthographes sont admises pourvu
que…Ramses le Grand gagne la bataille )où ce nouveau
concept de char pour touristes aurait vu le jour, puisque le grand
Ramsès y est allé…..en promenade,
confirmerait le soixante dix-huitième
papyrus!
En effet, si on se réfère aux meilleurs écrits
sur ce véhicule, le char allégé Egyptien, avec
son caisson ovale, à l'avant, et finement orné d’or,
artistiquement ciselé formait un ensemble homogène grâce
à un assez long timon, lui-même solidement associé
à l’essieu aux deux larges roues dorées. Parfois,
en suprême raffinement performant, celles-ci étaient
armées de lames redoutables. Donc, ce bel engin esthétique,
qui apparaissait bien taillé pour la course, servait à
guerroyer en autorisant un imparable effet de surprise propre à
tétaniser l'adversaire. Il ne transportait que le charrier,
l’archer et ses carquois bien garnis.
Tandis que la calèche moderne plutôt conçue pour
la découverte sereine, comporte quatre roues, ressemble assez
à une grosse baignoire ouverte latéralement, dans laquelle
on s’entasse difficilement à quatre(jambes et genoux
bien physiquement imbriqués....pour plus de confort
!!!!). Elle affirme encore davantage sa différence par
une large capote noire fort ombrageante qui protège aussi bien
du soleil qu’elle occulte presque totalement le paysage. Donc,
découverte....limitée !
Pour cette raison, ce jour-là, peut-être ce riche Américain,
paya-t-il un billet vert ...de plus, pour monter à côté
du cocher, pas tellement pour mieux apprécier les risques permanents
de la circulation mais plutôt afin d’ avoir l’insigne
honneur de tenir …le fouet !
Arrhhâa, criait le cocher !...Yeeah,
hurlait son gamin de client.
Alors, par cet attribut, qui n’est plus d’un…..
sujet bien ordinaire mais d’une royale personne, dominait-il
et se sentait-il un peu pharaon d'un instant Enfin, nous, nous étions
heureux d'avoir trouvé notre cocher.
Ah ! Quel enthousiasme avait montré ce cher Ahmine Ton Flouss
en faisant notre connaissance ! Que de courbettes salamalekeuses et
avides de pounds(£) ou d’euros, des mots magiques ponctuant
adroitement chaque phrase de bienvenue.
Puis, aussitôt, en un débit nilesque d’informations
sur le site traversé
(à votre droite, c’est la "mousquée"
où K’arim laisse ses babouches à l'entrée,
à gauche, c’est Horeb le marchand d’épices
"aphr o disiaques" et devant vous, le rond-point "Ji
Rhat Oire"….)
ce guide empressé fouetta allègrement ses canassons
décharnés mais fortement harnachés et la bataille
de
Kha Lèches commença ! Arrhâa !…n’allzebhorrr
chevaux rétifs!
Alors, nous doublâmes les autres concurrents en prenant tous
les risques, et, nous sentions les dangers mais ne voyions rien :
faute à la capote !....
Nous étions trop protégés et le plaisir visuel
en souffrit !
Les longs garde-boue débordants heurtaient ceux des autres
chars, on entendait gémir le bois, le vernis s’écailler,
tandis que les roues subissaient des frictions….étincelantes,
comme à Qadesh.
Soudain, on comprit mieux pourquoi elles ondulaient en un droite-gauche
inquiétant autour de leur moyeu doré !
A chaque tour de roue, Shimmy, shimmy devint une complainte !
Mais, après cette cavalcade bousculante, et à défaut
de combats d’archers, n’allions-nous pas assister à
une joute d’injures ou même un pugilat pour avoir envoyé
le concurrent de la 5 dans l’entrée du hammam
d’un « va t’ laver » fort méprisant
?....
Enfin, enfin, quel plaisir d’arriver sains et saufs au souk.
Notre cocher attendait des compliments, c’est sùr.
Il fallut tout de même l’encourager tant il pensait mériter
un trophée.
« Ah ! mon bougre, vous êtes le roi du rodéo,
un vrai m’ahllem pour le Colisée ! du Puy du FOU »
Et bien , je crois qu’il fut ravi par cette tirade non sous-titrée,
car il sourit largement et toutes ses dents aurifiées m’auraient
bien incité à lui demander de
« fermer le bureau de placement ! »
Ayant retrouvé la sérénité, et pour la
paix de l’âme,
nous allâmes nous recueillir dans le temple d’Horus,
ce Dieu du Ciel et Protecteur des armées qui, au cours de cette
bataille, nous avait fait "gagner" …sans encombres,
son lieu de culte
où ses seuls adorateurs ne sont que
des touristes curieux et, hélas, sans foi !( se désole-t-il
)
Merci, ô fils d’Osiris et Isis.
Ton épouse Hathor( ou A Raizhon, c’est selon la région
)
peut être fière de son faucon de mari.
Notre retour au bateau fut encore plus triomphal.
« Allah akhbar !!! » s’exclama le cocher
et nous d’ajouter….. Dieu merci !
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La barrière des langues renforce-t-elle celle des croyances
?….
Toujours
est-il, Laura, que la calèche Québécoise, c’est autre
chose!
.
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