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Un bec de lièvre .pour jouer de la flûte !

 

Souvenir de voyage

 

" Flûte, flûte, flûte "disions-nous déjà, tant nous étions très désenchantés par notre arrivée au Caire !!!

 

En effet, à peine étions-nous descendus de l'avion, que nous fûmes difficilement pris en charge , un peu comme des "pièces rapportées", par un guide peu amène( plutôt du genre: fout le camp, t'es pas mon prob. !), lequel connaissait bien davantage le groupe de touristes « Escampettes Novelhes » que les excellents « AKhor de-RË» de notre modeste club

 

tribu-se- taire ..d'un guide adéquat mais si "absent" !
Pour se débarrasser de nous et de nos questions embarrassantes, il nous délivra donc de nos inquiétudes comme il put, nous adoptant enfin en grommelant( du style = "à la niche !), puisque je le répète, il n'y avait personne, portant casquette « AKhor de-RË» pour accueillir notre groupe, ce qui suscite aussitôt, vous le devinez dés
accor (ou désaccord si on l'écrit bien ! ) et révolte.

D'accord d' accor en accord !!!!!

 

Premières proies de choix que ces désemparés que nous étions, nous fûmes donc livrés ainsi directement, au policier-bouledogue dont le peu doux regard hybride fort mal débridé prévalait sur son sourire « rictuel » d'hyène famélique du beau désert de Nubie. Ce garde-frontière soupçonneux éplucha notre passeport de migrateur « fortuné », y colla brutalement et, de travers, un minable timbre fiscal... le visa, qu'un méchant coup de tampon défigura bien vite, en noircissant sa rougeur première !

Le passeport en frémit encore. Sortis de l'antichambre de la salle peu hypostyle et... du malaise, nous pensions humer à nouveau la Liberté. Erreur d'occidentaux non avertis.

 

Tout souriant, LUI, le porteur Spon'Th Ané (n°7) se précipita sur nos bagages et, avec la force d'un manoeuvre qui s'est entraîné à construire des pyramides de..valises lourdes,

les transporta à peine un peu plus loin, près des syndiqués CGT d'ici, le Cairot's Group Transport , rassemblés en formation convaincante et prêts à vous chanter, pour le cas où la confiance vous ferait défaut: « C'est nous les gars de la valise ! .. et personne d'autre que nous... ne touche à ces valises déposées sur notre territoire! » Aussitôt dit, aussitôt fait et, à l'issue de ce court déplacement sur ,

au moins, 3 mètres plus une demi-coudée, le sieur Spon'Th Âné, toujours aussi bien nommé,

notre OO7( c'était son numéro de porteur officiel )nous montre, assez discrètement( c'est selon ?) une rutilante pièce de 2 euros..signifiant ainsi que

 

c'est le cours du jour pour les 3,50 m(sans la portion de coudée)parcourus par nos valises lesquelles sont là-bas, "consignées...au quartier", comme en quarantaine, otages en face de nous qui devons rester groupés et bien en retrait SvP.

C'est le rite, pour les sans étiquette ! Parqués,... nous sommes, à notre tour!

Enfin, on trouve 1 seul euro au fond d'une poche mais OO7 fait déjà la gueule. Alors, nos valises s'inquiètent !!!!( seront-elles malmenées, pôvrettes !!!) et aussitôt, en cherchant partout, on trouve enfin la bonne pièce, conforme à celle présentée par notre affranchi pour, bien confus d'avoir infligé cette attente, remercier ce si aimable cairote aux yeux brillants....de convoitise.

Le joli doublon européen ravit tant notre associé dans cette Luggage's comedy..et, à partir de là,

 

nous avons compris quelle Musique bien sonnante bercera notre séjour : « EurosMs'iou » jouée en rap ou en complainte, et qui adoucit tant les moeurs des gens d'ici....( et d'ailleurs, il est vrai ! )

 

Puis, embarquement à bord du grand car confortable et nous voilà partis pour la longue traversée du Caire. Nous vivons intensément...tant ce rodéo automobile-piétons-charrettes-tutti cuanti nous semblerait, a priori, générateur de catastrophes. Les klaxons couinent à droite, à gauche, devant, derrière, mais ne couvrent pas l'appel des nombreux muezzins à la prière pour célébrer Allah et peut-être demander la protection de tous ceux roulant sur les voies de l'aventure cairote.....tous ces piétons qui jouent les cascadeurs(le Nil est proche ! faut-il le rappeler avec ses cataractes ! )

Cette escapade semble INTERMINABLE d'autant que nous avons pris l'avion à 1 h30 du matin à Nantes, au lieu de 23 h30 et, qu'après un difficile assoupissement, on nous a réveillés...pour dîner vers 2 h du matin ! et qu'à 5 h, heure égyptienne, il a fallu avaler un petit si petit-déjeuner express,avant d'atterrir. Nous sommes gavés...au propre et au figuré!

et puis, et puis...nous voilà enfin, en train d'arriver à Cataract's Pyramids Resort = notre hôtel.

Tout de suite, dès l'entrée, c'est l'exotisme. Face aux pyramides, nous baignons dans l'ambiance locale grâce à cette harmonie musicale très orientale,

celle des bédouins qu'exécute le groupe folklorique du coin, toujours sur le même tempo berceur au rythme d'un étique chameau aussi harassé qu'assoiffé.

A l'aide de son large tambourin( un bendir ?)qui semble un large tamis à couscous, l'un rythme, de façon essentielle et résonante, cette sourde mélodie si répétitive par son thème trop pauvre, et vraiment à court d'arpèges( ce n'était pas ...la saison ! ).

Renforçant cette cadence musicale, le second instrumentaliste active ses crotales rouillés (sans parenté avec les redoutables reptiles) à la forte sonorité si métallique de cymbales primitives, très symboliques de l'époque pharaonique.

Mais le troisième est vraiment sublime.
En fait, c'est lui l'âme vraie du trio, celui qui donne corps à cette peu entraînante mélodie si évocatrice d'une danse du ventre à peine lascive, en jouant courageusement de la flûte, malgré son grand âge.

 

 

Tel le cobra de Pharaon, qui devient Uraeus d'or sur sa couronne, il se tortille dans sa longue djellaba-gallabiya marron en poil d'un dromadaire ayant péniblement achevé la traversée du désert, et ainsi, souligne-t-il mieux l'accent de certaines notes plus aiguës.

Comme le corps enflé d'un poisson diodon pressentant quelque danger, ses joues se gonflent et se distendent à l'excès. Et, en cet exercice musical, trahissent soudain leur secret réseau complexe de capillaires sanguins par une surprenante translucidité qui fleure l'éclatement prochain de la peau des pommettes.

C'est assez comique car elles semblent alors... deux petites baudruches brunes, prêtes à éclater qui attirent vite le regard et incitent à la caricature.

 

Et, soudain, mais vraiment, sans méchanceté, on a tout de même un sourire intérieur dès lors qu'on a observé que ce talentueux instrumentaliste a un bien disgracieux bec de lièvre, ce qui semble être...un comble imparable pour cet infortuné flûtiste lequel

 

joue en maintenant sa traversière, encore plus par le travers, comme ce vocable l'exprime déjà avec naturel...On comprend mieux qu'il souffle tant afin de compenser les fuites des notes vagabondes ...changeant d'air ! Alors, c'est vraiment une performance que réalise notre artiste et tant pis si

 

certaines de ces notes, des LA, SI, RE ou UT finissent par déraper en "P'FUITE con moto", sur le côté, simplement parce qu'il a raté le bon trou, sa lèvre supérieure ayant atteint, en un V trop prononcé, l'extase musicale, dans un sourire si inopportun ....pour la musique s'entend !.. car nous, nous le trouvons plutôt sympathique.

Mais, peu importe, la mélodie détale à nouveau, devient mélopée puis reprend dans son improvisation orientale d'harmonies soufflées en arabesques .

Devant nos sourires qui ne marquent pas précisément la pure extase artistique, ce virtuose auquel cette échappée fortuite et regrettable n'a point vraiment ...échappé, pense alors sûrement: « Les chiens aboient et.la caravane passe ! J'ma fous ! Toujours ji joue encore » et,

comme disait, avec beaucoup de philosophie,J'hpens Doncjhisoui , (même si je pense mal) ce vieux sage du désert que d'autres tribus du delta appelaient aussi Erhgoshum,
un Grand Cogiteur tout habillé d'immense sagesse.

 

Ah! Si nous avions été accueillis par ces charmantes hôtesses !...et bien, nous aurions été séduits par autant de grâce qu'un peintre anonyme et si talentueux a "croqué" avec toute la passion de son grand art et son...pinceau à la touche légère !

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