Humons
et... mettons-nous au parfum sur ses origines !
Quelle sensualité déjà dans l'affirmation du philosophe " Je suis
odeur de rose"....une subtilité qui, pourtant, sent plutôt la
réflexion mais, passons outre, cette considération et,
s'agissant du vrai parfum, ce flatteur d'odorat qui masque des
mauvaises odeurs, observons simplement que dans toutes les civilisations
antiques, il trouvait son emploi en de nombreuses situations.
C'était donc, préciserait un célèbre
nez.... dans "L'Air du Temps" ! D'ailleurs, avant d'être
une assez facile protection contre les maladies, un fort magique
breuvage aux 1000 vertus divines, souvent même une sorte de monnaie
pour le troc(vraiment, monnaie courante en ces temps), il fut
surtout une suprême offrande, à valeur d'encens, que l'on
déposait fort pieusement sur les autels des divinités auxquelles
on demandait servilement aide et protection.
Mais, en ces temps-là, on avait soin aussi de sa beauté et cela,
si étrangement soit-il, même après sa mort. Ainsi, dans
les tombes égyptiennes, si près des Dieux.. "A-t-on " trouvé force
peignes, précieux khôl noirâtre pour maquiller les
yeux, subtiles huiles et onctueux onguents guérisseurs...
"Ah mon fidèle miroir de bronze, virtuel reflet de ma beauté,
ne faut pas l'oublier pour là-haut ! ....ou là-bas, cet ailleurs
éternel ", exprimait la pharaonne préparant
méticuleusement ses nombreux bagages, en ligne pour le
grand voyage, la céleste croisière....que l'on ne
retient pas. Par ailleurs, de subtiles fragrances qui étaient
déjà bien connues et appréciées n'avaient certes pas été expressément
définies pour les savants d'alors. Mais cette inclination immodérée
des Egyptiens pour d'envoûtants parfums suaves, leur avait
fait découvrir puis classer tout de même, assez judicieusement
les premières familles essentielles des senteurs. Ainsi, le floral,
l'aromatique, l'hespéridé et probablement l'oriental si épicé,
ce qui représente une première gamme assez étendue pour
flatter de si nobles narines aussi gourmandes qu'insatiables .
Par là-même, leur savoir étonnamment étendu quant aux bienfaits
magiques de certains produits naturels, que nous qualifions aujourd'hui...."de
beauté", confirme qu’ils avaient déjà décelé
tant de secrètes subtilités de la nature en son
vaste et généreux environnement végétal, minéral, voire animal.
Les historiens ne situent-ils pas l'usage des cosmétiques au 4ème
millénaire avant J.C., un usage probablement né d'un mythe, imaginent-ils,
que celui de l'emploi de fards. On suppute ainsi que c'est après
son combat avec Seth le Mauvais, que le brave Horus aurait lancé
cette "mode". En effet, ayant perdu un oeil au cours de l'affrontement,
il lui fallut bien masquer ....cette indésirable coquetterie
! Disons aussi...son infirmité, afin de retrouver sa beauté esthétique
et garder "bon pied, bon oeil"! Alors, et oui, il se
farda! Pour la reconstruction du reste de son anatomie et, la
plus intime, ce fut affaire de femme, d'ailleurs de main de....maîtresse!
Au
Palais, on usait de toutes sortes de principes( bien sûr !)
mais à l'instant, précisons qu'il s'agit ici uniquement
de chimie des parfums ! Très avertis, certains connaissaient
surtout les vertus des simples pour guérir les maux les plus mystérieux.
Plus ordinairement, ils savaient estomper magiquement un ordinaire
alanguissement d’amour. C'était une sorte de "dhé
primh" égyptienne quand soufflait le violent khamsin cachant
irrespectueusement les majestueux "Temples sacrés des Millions
d’Années"
ou bien l'horizon ensoleillé des plus modestes humains.
Dans leur pharmacologie, Imhotep et ses disciples naturopathes
en ....herbe !... incluaient déjà force simples comme la salicaire
des marais, , la menthe poivrée, la moutarde sauvage, l'odorante
camomille et le chrysanthème insecticide ou pyrèthre encore
présents dans nos herbiers de santé et qui sont
toujours utilisés préférablement à
d'autres remèdes par certains. Des plantes pour concocter
nombre de décoctions et tisanes lesquelles devenaient de magiques
breuvages guérisseurs autant que parfumés.
Légers ou tenaces, sucrés, épicés ou poivrés, tels d'invisibles
papillons odorants voletant fantaisistement dans la demeure, les
effluves exprimés des plantes si généreuses et étonnamment
utiles de la racine à la fleur, apportaient les plus grands bienfaits
en devenant, à leur tour, de vrais remèdes pour les maladies graves.
D'autres préparations plus savantes s'élaboraient à partir de
la grenade si originale par ses graines charnues, brillantes et
rosées, des précieux bourgeons gommeux et gluants du balsamier,
de la forte coriandre fraîche, de l'aneth si odorant, de
la bryone assez toxique, du rhizome de souchet ou de la racine
très tubérisée de la mandragore sacrée des sorciers.
Autrement, les onguents balsamiques et les baumes odorants, ces
crèmes douces finement épaissies de mucilages visqueux, ainsi
que de cristallines huiles parfumées à base de résines intenses,
"attachantes"et insolubles du pin, cèdre, gaïac ou santal,
apportaient le bien-être aux corps endoloris et parfois...ouvraient
lascivement les prémices d’une extase lente, première béatitude(
alors si peu cultuelle, celle-ci! )comme disait Reuh Laqss Macses,
soigneur de l’auguste Reine-Pharaonne Hatchepsout, ( Haaatch...à
vos souhaits ma Reine !)... que ses allergies faisaient tant éternuer
sous le grand sycomore, ce faux platane centenaire!
Sans pousser plus cette évocation des bienfaits de la parfumerie
dans ce monde antique du peuple du Nil, chacun aura donc compris
que pour les Egyptiens, le verbe Oindre était donc très usité
: il était aux soins corporels si préoccupants, ce que l’huile
est à la sardine. Point archaïque, ce vocable faisait plutôt partie
du langage courant.
« Isis souhaitait que j’oignisse son divin corps sacré »
« J’oindrais bien les seins coquins de ma cousine,
songeait l’insatiable Akhenaton »
« Oins mon bas ventre du parfum Désir, oh oui
demanda Hatchepsout à sa nourrice à tout faire »
« Oignons ensemble ces amants, pour qu’ils s’aiment encore, clamèrent
en choeur les esclaves de la Reine »joignant le geste à la parole
Quelle drôle de….. tambouille dans ces Palais, penserions-nous
alors !
Et, au fait,occupons-nous de ces oignons. De crédibles
historiens rapportent que c'est probablement en hommage à
ce légume,
qui, à lui seul pouvait constituer le repas d'un pauvre,
voire même un festin si, providentiellement, un morceau
de galette s'ajoutait en accompagnement du précieux bulbe
aux écailles odorantes et piquantes
....donc, disions-nous, en hommage ....qu'inspiré par cette incontournable
liliacée devenue pour l'humain, une plante potagère
qu'un talentueux flûtiste de l'oasis de Siwa,
l'illustre Säädney Bacheth en fit une trépidante
mélodie qu'il appela
" Les Oignons" !....
ce qui eut le double avantage d'introduire en cour, une nouvelle
danse et d'inciter le Grand Maître Queux Royal à
user davantage de ce condiment.
Par la suite, on dévalorisa l'oignon qui désigna
le douloureux durillon du gros orteil d'un vigoureux pharaon.
On alla même jusqu'à user de cet honorable vocable
pour désigner le TDC ou trouduc ! Allez savoir pourquoi
???
Mais évadons-nous de cette oignonade et revenons au Palais.
£
Ainsi, était-il donc naturel de faire oindre sa morphologie la
plus intime par ses esclaves nubiennes toujours nues, ce qui ne
gênait pas celles-ci puisqu’elles étaient de race noire et que,
de ce fait, le patient ne voyant que du bleu profond et…nubien(
tonalité rare sur la palette du peintre! ), ne se montrait
pas trop impatient, encore que……
Et là, nous faisons référence à des historiens sérieux et au peu
qu'ils en savent. Nous eussions pu en dire plus, si tant de précieux
papyrus n’avaient été dévorés lors d’un grave incendie de l’aile
occidentale de la Papyrussothèque( Me paraissant plus adapté
à l'époque contée, ce terme vient d'être
ici créé car le mot bibliothèque apparaîtra
plus tard: ce sera un "produit" du grec biblion=livre
et thêkê=armoire )d’Alexandrie. Alors, nous aurions
pu nous faire oindre.... l’esprit, de récits plus que savoureux
et, eux-mêmes, très oints des manies du vicieux pharaon
Ankh T’aton Thout, un vrai Roi fainéant, fort misanthrope, à
la philosophie bien restreinte se résumant ainsi: pour
vivre heureux, vivons cachés et surtout....couchés !" Du coup,
cet égoïste n’a même pas laissé l’adresse de sa pyramide
!
On sait seulement qu’il vivait dans la Lux Hûr, sa résidence de
Louxor, entouré de ses très coquines Nanah Ckar Da Mhom, en se
prélassant tout le jour sous le sycomore phallique tout rabougri,
symbole marquant de son goût poussé pour les aventures dans le
désert de Sharm Char Nehl.
Donc, le lecteur l’aura compris, en ce temps béni de tous les
Dieux sérieux du Panthéon Egyptien, oindre le sujet anxieux ou
triste apportait vite la sérénité de l’âme mais aussi, ô surprise,(on
l’a constaté vers la 6ème dynastie) l’éveil des sens, une manifestation
pas toujours autorisée, surtout en public. Et oui, déjà
l'étiquette !
Ah! ces onguents, baumes magiques, on ne pouvait rester de marbre
ou inerte sous leur action, sauf, exception à.... la règle
(comme dans notre trilogie grammaire-orthographe-conjugaison),
s’agissant du jeune Tout T’anhk Arton.
On le nommait autrement dans le harem: « Nature morte » ou « Penisghrèv
»! Dans les coulisses du palais et parmi les secrets d'alcôve,
chacun se désolait pour les interminables privations libidoesques
ainsi infligées à la gentille Téprivêth Maâh Pövhr.
Nous savons encore que, particulièrement la fête annuelle de l’OpehP's
ramenait tant de marchands d’or noir, de pierres précieuses mais
aussi de savants chercheurs, des dignitaires d'un jour, des ambassadeurs
véreux venus de tous les coins du désert, des Pays de Canaan
ou du Pount. Ces voyageurs, une vraie Gjeh Seth des sables roses,
étaient là pour se bidonner et recevoir des Royales
Tih de la dite souveraine. Aussi, au début de la fête,
plus de licence…..pour le sycomore phallique, les nubiennes talentueuses,
le nectar d’Isis car…. il fallait tenir son rang, au moins durant
le jour.
Mais, après le triomphal passage de Rê, quand il avait entièrement
étendu son immense cheich noir sur le bienheureux Royaume des
Deux Terres, ces dignitaires (en façade )se défoulaient comme
des fauves affamés, jetant leurs babouches, ôtant la gandourah,
faisant un rapide Sésosthrip Tizz, et on peut penser , à juste
titre, que ce sont eux qui furent à l’origine des Bacc Anales
où ils avaient su montrer l’arsenal de leurs vicieux talents.
Traditionnellement, après force libations de vin gouleyant du
Delta,
cépage Ka Bher Neth ou de bière fraîche Saqqarah, enivrés par
la boisson et le parfum capiteux des danseuses à peine voilées,
émoustillés par les regards languissants et trop doux de leurs
compagnes, excités par le rythme des flûtes, sistres et crotales,
ces drôles de sujets, soudain gagnés par les plus vils élans,
entraient en transes, perdaient noblesse, dignité et pratiquaient
activement l’onction triangulaire de la grande lascivité qui allait
favoriser l’épanouissement de cette passion dévorante : l’amour
par une nuit d’été, dans les épais massifs de lotus odorants de
la palmeraie Phara Ô Bez .
Ces précieuses huiles essentielles, qui étaient conservées dans
de fragiles flacons artistiques
ceints d’une délicate résille d’or,
vrais chefs-d’oeuvre des adroits souffleurs de verre royaux d’Aswan,
participaient à la réussite de ces fastueuses Noubas nocturnes.
£
Pour sa part, afin d’ affirmer son autorité,
Hatchepsout la Reine-Pharaon s’attachait le plus souvent à paraître
très masculine, en s’équipant d’attributs masculins dont la barbe
postiche.... en cornet( Kal Mhar en égyptien contemporain), mais
encore, aussi bien par sa tenue vestimentaire que par son attitude
empreinte d’une fermeté pethsêkh(dit-on, en ancien Egyptien).
Pourtant, que l’on se rassure, cette Reine féline savait aussi
montrer une certaine féminité dès qu’elle retrouvait sa couche
en bois d’acacia, aux pieds de lionne à queue d’aronde.
Là , autres animations et… plus de prières aux Dieux Rê, Amon……,
ni d’offrandes qui, n’étant pas consommées, seraient vite Hob
Sôlhet(déclassées, périmées, indignes de la divinité), et vite
oubliée aussi la technique de taille des divins arbres à oliban
pour les temples d’Amon mais….. un seul soin, celui de plaire
à son Dieu-Homme, bien vivant et….. vigoureux. Du tangible !
Alors, pour l’envoûter davantage, elle se faisait….. oindre subtilement
de cette senteur magique, « Secrets du Désert » et ce, à la source
même de son intimité si secrète(Secret Défonce), par Yint Eriorh,
sa fidèle nourrice depuis sa naissance, et entremetteuse avertie
dès le sournois épanouissement nubile si attendu de la Princesse.
Subtilité égyptienne que cette délicate onction ou stratégie féminine,
cela reste une interrogation dépassant tous les sommets qui étaient
atteints, au cours de ces ébats pharao niques où, dans un pyramidal
A …. et suprême , le couple royal culminait au faîte du pyramidion
du Désir et de l’Amour.
Les précieux hyéroglyphes enfin déchiffrés par l’unique Champollion,
notre immense gloire égyptesque avec le mariage des Mers Bleue
et Rouge grâce au canal de "Suezmesgarsc’estdespoundsquivontcouler
à Flotsparlà", nous permirent d’apprendre beaucoup d’autres choses
intéressantes sur ces bâtisseurs.
£$£
Que l’on sache ainsi que les interminables toilettes précédant
l’amour suivaient un rituel immuable : le bain parfumé, la lente
purification au précieux natron, les massages précis, les onguents
du charme ou les huiles odorantes, les parures flatteuses, les
bijoux royaux, la serviette de lin tiède elle-même odorante mais
encore, pour plus de plaisir, les voiles déchirables de cet amour
si théâtral.
Les diverses activités des servantes, qui préparaient la Reine,
ou des esclaves qui coconnaient cette adorable cellule d’amour,
transformaient ce lieu du désir en une ruche pharaonique pour
butiner et où, le seul homme à pénétrer… avant l’amant, était
l’illustre cosméticien Gher Lin, maître en l’art de passer la
poudre verte autour des paupières souveraines afin que leur moindre
battement, évoquant le frêle papillon du Nil vert, stimule promptement
toutes les ardeurs requises du promis.
Parfois, la Reine préférait Le khôl sombre qui donnait une autre
dimension au regard, surtout si, étant très agacée par les assiduités
de son homme au harem, elle savait qu’elle aurait à bien le durcir….ce
regard !
£$£
Rê , qui achève sa course, me presse et m’empêche de vous conter
plus en détails tant d’autres choses aussi essentielles que les
huiles.
Ainsi, savoir tout de la myrrhe, cette résine si odorante aux
vertus officinales, qui offrait fraîcheur et délassement de tous
les muscles du corps, toujours en émoi, après l’acte sublime,
cette promesse de vie pour tant de Pharaounets au Royaume du Nil.
Ne jetons pas le voile, non plus, sur ceux des amantes :
Transparents, les voiles les plus légers, des Valhi Zer, moulaient
les corps gracieux des femmes mettant en valeur les formes des
seins et du ventre qui s’offraient à leurs caresses soyeuses au
moindre souffle de la brise………. Les sens en éveil(plus tard) ou
la fleur de lotus qui embellissait la chevelure puis l’encens,
qui ne brûlait pas que pour Osiris, mais créait aussi un climat
propice Inzhemoud.
Et c’est comme cela que, pour ces amants royaux, un parfum successivement
nommé « Désir » « Secrets du Désert » est devenu avec ....l’air
du temps
(et là, le vieil herboriste Ninaritchieh n’y est pour rien ) :
« Tempête du Désert », tant il était offensif de passion
mais ne suscitant que de l’….Amour avec une douce violence inégalée
du merveilleux Senmout pour cette pétulante et sémillante reine,
aussi effrontée que son trop admiratif cynocéphale de compagnie,
au long museau anubisien et au rutilant pyramidion en alerte,
tandis qu'il "Maât ait" son attirante maîtresse,
l’unique Hatchepsout du Bled de Deir-el-Bahri, « Force, Vie et
Santé »....en se léchant les" ba bouines" !....
Hommage est rendu ici au Dieu Néfertum, un Dieu du parfum et aussi
au lotus bleu(nymphea caerula), son emblème.
Lotus, en égyptien se disait SeSheShen
et, à travers l’hébreu, devint Suzanne tandis que
des Fleurs de Lotus se disaient Na-Noufar soit, « Les belles »
.
Et voilà comment ont poussé….. nos nénuphars !!!...