Commerce d'antan
Conte Burlesque 10
Présentation
PASSION histoire
EGYPTOMANIA.
Contes burlesques
Photos
Récits
GLOBE-TROTTER ...
LA REUNION
Récits
Photos

MEDITERRANEE
La Corse
Toscane
Croisière

Tunisie

ILE MAURICE
Récits
Photos

GUADELOUPE
Récits de Pêches
Photos

CANADA-QUEBEC
Récits de pêche
Reportage de voyage

SIERRA LEONE
Poissons
SENEGAL
Récits

MADAGASCAR

Récits
Photos

MAROC

Récits de Pêches
Souvenirs

Voyage

VENISE
Carnaval
Découverte

ISTANBUL
Voyage
AUTRES PASSIONS
PECHEUR EN MER .
Pêche à pied
Pêcher en bateau

CREATIVITE
Sable et art
Emaux sur Alu

GESTION du SITE
LIENS DIVERS
Nuage de mots
Partenaires
Annuaires

Contact
Retour


Conte1/Conte2/Conte3 /Conte4/Conte5 /Conte6/Conte7 /Conte8/Conte9 /Conte10/ Conte11 /Conte12/Conte13

 

Le troc ou..la monnaie ?

Souvenir de voyage

Les Anciens n'avaient pas de monnaie et encore moins de billets et,.c'est tant mieux !.. car, quand on a eu l'occasion de tripoter le numéraire égyptien contemporain, successivement décliné en drachmes ou piastres et pounds, il devient possible d'affirmer que cet argent pue. Il apparaît franchement répugnant et du coup, on n'est pas content de payer comptant dès lors que, d'un index humecté de salive, pour vérifier son compte, il faudrait pourtant recompter sa monnaie, ces tickets collés par la sueur et la saleté de mille origines diverses. Mieux vaut présenter un chèque à Cheikh Walid, honorable marchand de tapis, que de compter de malodorantes coupures maculées par sueurs et humeurs accumulées de chacun, y compris d'ailleurs, celles de certains touristes peu nets, on doit bien en convenir aussi.
Mais, restons réalistes, et, si j'ose dire, distinguons honnêtement le propre du figuré puisqu'en ce cas, il ne s'agit plus précisément d'argent devenu sale par quelque trafic mafieux mais de coupures salies par malpropreté et usage prolongé, sachant alors que si "l'argent est fait pour rouler" comme l'affirme un premier adage, "argent qui roule amasse de la crasse" prétendrait un second avis populaire autant que réaliste !
Donc, pour éviter de se salir les mains et d'avoir à se les relaver, les Egyptiens des temps pharaoniques, qui n'avaient pas encore entendu parler de Ponce Pilate, pratiquaient préférablement le troc ( J'thdonn'etum'donnes )qui permet le marchandage soit, un grand moment de ...communication émaillé d'éclats de rire, de tristesse ou d'abnégation entre les parties, enfin soldé par un échange plus ou moins équitable où chacun garde le sourire( alors, c'est d'un commerce agréable...et plus tard, on dira: équitable ) et, tout de même, le sens de ses propres intérêts!. Ainsi, au marché, très couramment, la paysanne offrait ses oignons au boulanger et celui-ci, lui présentait ses miches. Certes, l'inverse eut été tellement plus amusant et logique à la fois, mais alors, on aurait vraiment.... changé de commerce ! Imaginez la place du Troc à Douhrô délocalisée au Bhois d'Bhol Hoûgn !
Grand spectacle aussi que cette bruyante arrivée sur les marchés colorés du sentier! Les uns y parvenaient à pied et assez souvent, en couple. Ainsi, entre autres et selon la coutume, la femme, cet être merveilleux, tellement plus résistant( affirme le corps médical ), portant l'essentiel de la charge. « Normal » pensait, sans élégance ni noblesse, l'autoritaire Bouhj Théfess !...lequel n'a d'ailleurs jamais réfléchi à l'origine de son nom !
D'autres, qui avaient remonté le Nil, s'y rendaient en canot de papyrus et il était donc habituel de voir un pêcheur troquer sa frétillante perche " Lates nilotica" contre une paire de sandales pour la fête de l'Opet.
Ou bien, il arrivait encore qu'un talentueux musicien proposât sa flûte magique à cette gentille veuve du cordonnier, liquidant justement le stock de son époux défunt en même temps qu'un chagrin aussi vain que stérile. Une nécessité pour cette vertueuse mère car ses petits enfants affamés battaient la semelle devant....le buffet vide.
Mais pour le transport des provisions, même de nos jours, on fait toujours appel au brave équidé à longues oreilles plus "sensé" que certains humains. Donc,ce sont surtout de gentils baudets " "hmar" qui permettaient de transporter une belle charge de produits au-delà de leur PTAC morphologique et c'est bien normal, cette notion n'existant pas alors....mais, cela a-t-il changé depuis?... Et non, cela n'a pas beaucoup évolué car aujourd'hui, c'est toujours le même paisible animal qui est durement exploité pour cette activité datant de tant de millénaires dont seul l'environnement a tellement... changé. Et alors, d'évoquer aussitôt le poète dans sa sensiblerie et son affection pour ces quadrupèdes « j'aime l'âne si doux, marchant le long des... roues... » de Toyota, Mercedes, Peugeot et autres chars modernes slalomant de part et d'autre de la pauvre petite charrette brinquebalante. Résignés, l'infortuné quadrupède et son maître restent pourtant insensibles aux pétarades tonitruantes, écarts brutaux et dangereux des bolides, coups de klaxons ou de freins et crissements de pneus.
Et, marchant à la carotte et au bâton...autre genre de troc !...le petit baudet cairote poursuit sa route, sous les encourageants "Arrah ! Dzidah !" de l'humain plus soucieux de transporter à temps, vers la grande métropole, le fruit de son labeur: les précieuses racines orange. Des carottes contre du flouss(ou flouze),dans le fond, cela reste une forme de troc .
Mais que la frêle cariole soit renversée par quelque chauffard et, sans sourire, on dira que les carottes des cairotes sont cuites car toute la circulation va s'en repaître, tout réduire en une lamentable purée où,
ainsi plongés, se débattent le fellah courageux et sa pauvre monture . OUiLIi, OUiLLi ! Il y aura du carotène sur les routes !...mais plus de troc ni flouss dans la "shoukahra" !
Alors, songé-je, où sont les vrais bourricots mal bâtés?

Pour en revenir à l'oseille, feu l'électrum, l'avoine, le blé, le pognon, le pèze, la galette, soit... le fric ou la monnaie, le numéraire...nous avons pu constater qu'en dépit de l'existence d'une monnaie nationale, le goût du troc reste affirmé et perdure allègrement en Egypte. En effet, alors que l'on y vend pourtant de superbes stylos à bille pharaoniquement décorés, on vous réclame fréquemment du Bic ordinaire comme si c'était un bien précieux, digne d'une offrande divine ou un accessoire indispensable pour réussir son voyage chez Osiris. Et cela sera donc l'objet d'un véritable échange(authentique !): un Bic contre un scarabée en plastique trouvé dans un paquet de lessive Houmo( plus blanc que...les billets ! )mais, hélas, pas d'échanges ...d'idées.
Alors, même dans la pénombre émouvante des sanctuaires de la Vallée des Rois, on en restera à la transaction la plus courante, celle de quelques furtifs éclairs salvateurs de flash
contre un pot de vin.... ou de bière Saqqarah !
Bakchich, bakchich ô vocable magique qui plaît à ceux qui en ont besoin( nous le comprenons aussi) pour faire bouillir l'marmita.
Flouss, flouss et toujours flouss ! ...(bonne devise ! ) juste pour être un gentil touriste qui aime tant l'Egypte au point de vouloir y retourner.. quand l'argent aura été blanchi par la nouvelle planche à monnaie pour billets tout neufs,
au moins aussi jolis que les superbes billets d'entrée des musées.

Retour haut de page